À qui profite ta beauté?

Mes Réflexions

« Les jolies filles pensent que tout leur est dû. »

Je l’ai entendu mille fois. Vous aussi, sûrement. C’est une phrase qui traîne dans toutes les bouches, surtout quand une femme belle ose avoir des critères, ose dire non, ose poser ses exigences. Et pourtant, ceux qui la répètent ne semblent pas bien comprendre ce qu’ils disent.

Parce qu’il y a une chose que je ne comprends pas :

Si ces hommes pensent que les jolies femmes sont superficielles, faciles, vides, intéressées… pourquoi ne vont-ils pas draguer les autres ?

Pourquoi ne courent-ils pas après celles qu’ils estiment “mieux” : simples, discrètes, effacées, peu exigeantes, prêtes à donner sans recevoir ?

Elles existent pourtant. Elles sont là. Des femmes qui travaillent dur, qui se lèvent à l’aube pour vendre au marché, qui élèvent seules leurs enfants, qui supportent l’infidélité, les silences, les absences. Des femmes qui financent l’éducation de leurs enfants pendant que l’homme vit sous leur toit. Ces femmes existent, je les vois tous les jours même sans être une des leurs.

Mais ils ne vont pas vers elles.

pourquoi ne vont-ils pas draguer les femmes qu’ils estiment plus “simples” ?

Ils veulent la lumière. Même s’ils prétendent la mépriser.

Ils viennent vers toi. Vers moi. Parce que quelque part, ils savent.

Ils savent que ces femmes qu’ils critiquent ont une lumière. Une assurance. Une présence.

Ils savent qu’elles brillent d’une manière que leur misère ne peut contenir.

Alors ils tentent d’éteindre ce qu’ils ne peuvent dompter.

Ils viennent avec leurs reproches, leurs insultes déguisées : trop matérialiste, trop difficile, trop hautaine.

Mais ce n’est pas toi qui poses problème. C’est ce que ta présence leur renvoie :

qu’ils ne sont pas à la hauteur.

Le matérialisme, c’est une barrière de sécurité

Parce que quand tu leur dis :

« Voilà ce que je veux. Voilà ce que j’attends. Voilà mes standards »

Ils paniquent. Parce qu’ils veulent que tu sois belle et reconnaissante. Brillante mais silencieuse.
Désirable mais accessible. Haute mais pas mais pas face à eux.

Ils veulent vous faire croire que vouloir plus, c’est un défaut. Que demander de la stabilité, du respect ou de la sécurité, c’est être vénale. Mais ils ont tout intérêt à ce que vous baissiez vos standards. Moins vous exigez, plus vous tolérez. Et plus vous tolérez, plus ils profitent de vous.

Et pourtant, eux, ils n’ont aucun mal à formuler leurs attentes : ils veulent une femme avec un passé « propre », pas trop utilisée, pas stérile, performante au lit, docile, discrète, qui pardonne tout et surtout… qui ne demande rien.

Mais dès que vous osez exiger un minimum : qu’ils soient grands, ambitieux ou riches, ils paniquent. Ils crient à la matérialiste, à la fille intéressée.

Soyez intéressés mesdames !

Parce que dans ce monde, si tu n’as pas de critères, tu seras utilisée. Jetée. Remplacée.

Alors oui, sois matérialiste.

Oui, exige.

Oui, mets la barre haute.

Parce que les hommes eux-mêmes savent ce qu’ils veulent : des femmes belles, sûres d’elles, féminines, inaccessibles.

Donc toi aussi, tu as le droit de savoir ce que tu veux : un homme qui investit, qui respecte, qui construit.

Ton matérialisme n’est pas une insulte. C’est ta colonne vertébrale dans un monde qui veut te plier.

Ton matérialisme n’est pas une insulte. C’est ta colonne vertébrale dans un monde qui veut te plier.

La beauté n’est pas un piège. C’est une arme.

Quand une femme est belle, on la veut silencieuse. On la veut docile. On la veut stupide. On lui colle vite l’étiquette de “juste un joli visage”.

Mais curieusement, personne ne dit jamais d’un homme musclé ou séduisant que son corps est sa seule richesse. Et même quand on le dit, c’est plutôt pour souligner à quel point il va en profiter, à quel point il attirera les femmes. Sa beauté lui est un atout, un avantage. Elle lui profite pleinement.

Mais dans notre cas, à nous les femmes… à qui profite vraiment notre beauté ? À nous ? Ou à eux ?

Travaille ton apparence. Sois belle. Sois éclatante. Parce que dans un monde qui te juge sur ton corps avant même d’écouter ton nom, ton apparence est politique.

Et non, ce n’est pas pour eux.

Ce n’est pas toi qui te fais belle pour plaire.

Ce sont eux qui cherchent à posséder ce qu’ils ne peuvent égaler.

Ta beauté te sert à toi. Dans ton travail, dans ton réseau, dans ton estime. Elle t’ouvre des portes. Elle met ton visage dans la lumière.

Et même quand tu ne parles pas, elle dit quelque chose pour toi.

Assieds-toi sur leur culpabilité. Et lève-toi dans ta valeur.

Tu peux être belle, matérialiste, exigeante, féminine, forte et brillante à la fois. Rien n’est incompatible.

Quand une société veut que tu sois gentille, modeste, effacée et reconnaissante pour des miettes, ta plus grande insoumission, c’est d’oser exister pleinement.

Sois belle. Sois matérialiste. Sois exigeante. Sois entière.

Et n’oublie jamais

Ce n’est pas toi qui en demandes trop. C’est eux qui n’en offrent pas assez.

Alida Sephora K.

L’audacieuse

Le mariage : une affaire rentable… uniquement avec de l’argent au bout

Mes Réflexions

« Une femme peut tout réussir, mais si elle n’est pas mariée, elle n’est pas respectée »

Je suis née dans une société où le mot mariage sonnait comme une destinée. Très jeune, on m’a parlé du devoir d’être une bonne femme, jolie, soumise, respectable. Puis, en grandissant, j’ai entendu parler des corps, de la forme, de la beauté féminine. Et ensuite, du matérialisme, cet interdit tacite pour les femmes.

Chez nous, en Côte d’Ivoire, on appelle djandjou une femme qui s’intéresse à l’argent. Ce mot est souvent utilisé avec mépris, comme si l’ambition financière était une honte pour une femme. Pourtant, j’ai vu des mariages fondés sur le “vrai amour”, sans soi-disant matérialisme. Et j’ai vu ces femmes s’éteindre à petit feu.

J’ai été un peu en couple aussi. Je n’ai pas le cardio pour le long terme dans la galère. Mais au départ, j’étais cette fille « bien » : douce, soumise, pas intéressée par l’argent, pleine de valeurs misérables. Je croyais encore à l’amour et au mythe du foyer heureux sans rien.

Puis j’ai vécu, observé, réfléchi. Et aujourd’hui, avec toute la franchise du monde :

Épouser un homme sans moyens, c’est épouser une souffrance perpétuelle  

Il sait que la vie est dure, que chacun mérite mieux. Il le sait, mais il n’y renonce pas. Il tient à son trône, même sans royaume. Incapable de faire de toi une reine, il exige pourtant les privilèges du roi.

« Même si ton mari n’a rien, au moins tu es mariée. »

Mais ce n’est pas un je t’aime sincère. C’est un je t’aime à l’africaine : donne moi tout car c’est moi l’homme. Ce n’est pas une preuve d’amour, c’est une stratégie.

Il ne te promet ni confort ni avenir. Juste un rôle à jouer dans sa vie bancale. Il veut être roi, même sans royaume. Et il attend que tu serves, dans la misère, au nom de l’amour

… tout ça, en échange d’un toit insalubre et un peu de sperme.

Il prendra ton argent. Ton corps. Ta dévotion. Ta santé même.

Le tout, emballé dans un concubinage de quartier, parfois régularisé bien des années plus tard. Comme si t’offrir son nom était un cadeau. Comme si ce nom, qui n’ouvre aucune porte, effaçait tout ce que tu as sacrifié. Sûr que tu vas devoir encore donner plus.

Tu deviens « Madame Untel ». Et tu t’en sens fière. Parce qu’enfin, tu es mariée. Mais à quel prix ?

Tu cuisines plus que tu ne manges des sauces fades, vides, pauvres en vitamines. Tu élèves des enfants frustrés, scolarisés dans des écoles de seconde zone, sans ressources, sans perspectives.
Des enfants qui, faute de mieux, risquent de devenir délinquants, frustrés chroniques, prostituées à peine majeures ou “roperots” invertébrés sans colonne ni conviction. Parce que, qu’on le veuille ou non, le capitalisme impose la conquête de l’argent. C’est un fait.


Tu devras travailler trois fois plus, te battre contre vents et misères pour leur offrir un niveau de vie à peine correct sans jamais vraiment y parvenir. Et au final, tu leur offriras juste le minimum, si ce n’est pas moins que ça.

Tu deviens une machine

Tu oublies le maquillage, la coquetterie, les petites folies qui font du bien. Ta féminité s’efface peu à peu. Bouteilles de gaz, enfants, maison, factures… tu portes tout. Ton corps s’épuise, ton mental s’épuise. Tu accouches, tu reprends aussitôt. Pas le temps de souffler. Il faut encore satisfaire la libido de monsieur, car même fauché, il trouve le moyen d’être infidèle et de se prendre pour un trophée.

Tu te précipite d’être dans cette case avant 30 ans parce qu’après la société de taxe de périmé.

« Une femme après 30 ans, elle est fatiguée. »

Ce discours ne profite qu’aux hommes sans valeur réelle. Ces distributeurs de mystère qui ont besoin de femmes naïves pour se sentir puissants. Ils veulent qu’on pense que changer de nom est un honneur, même dans une vie minable.

Car ils le savent : une femme de 30 ans ou plus, qui a pris le temps de se former, de vivre, de chuter, d’aimer, de réfléchir …

Elle n’est plus une proie facile. Elle ne croit plus aux promesses creuses. Elle a de l’estime pour elle-même. Elle comprend que l’amour ne suffit pas, que le mariage n’est pas un abri, que l’engagement ne vaut que s’il y a respect, vision et construction commune.

C’est pour cela qu’on pousse les jeunes femmes à se précipiter.

Avant qu’elles ne deviennent lucides. Avant qu’elles ne comprennent qu’elles méritent mieux. On les pousse à se marier à 23, à 25 ans, en Afrique surtout, pendant qu’elles cherchent encore qui elles sont. Et puis, une fois piégées, elles restent. Parce qu’elles ne connaissent que ça.

Mais les femmes ne périment pas. Elles s’aiguisent.

De nombreux hommes puissants, instruits, accomplis, choisissent de s’unir à des femmes de 35, 40 ou même 50 ans. Parce que la maturité n’a jamais été un défaut sauf, pour ceux qui vivent de l’ignorance des autres.

Alors non. Ce n’est pas une course contre l’âge. C’est une course contre l’éveil.

Et l’idée, c’est ça : maintenir les femmes dans la peur de vieillir. Pour qu’à 28 ans elles paniquent. Pour qu’à 30 ans elles se sentent en sursis. Pour qu’à 33, si un homme les choisit, elles pensent qu’il les a sauvées.

Car à 30 ans, il faut déjà que nous soyons rangées. Dociles. Effacées. 

Mais la vérité, c’est qu’après 30 ans, beaucoup de femmes se sauvent elles-mêmes et n’espèrent plus au prince charmant. 

Les riches ne fuient pas les femmes mûres : ils savent que la vraie valeur se révèle avec l’âge.

Un homme financièrement à l’aise, émotionnellement mature et intellectuellement éveillé, quand il veut construire un foyer, ne voit pas l’âge comme un obstacle. Il ne t’a pas “choisie” pour te remodeler à sa convenance.

Le capitalisme lui a déjà restitué sa virilité et son pouvoir de choix.

Quand un homme n’a pas besoin de t’exploiter pour exister, il devient un véritable partenaire, pas un tyran domestique.

C’est un roi, un vrai, qui fait de toi une reine si tu ne l’étais pas déjà. Et non un usurpateur qui fait de toi une servante pour se sentir “roi”.

Quoi qu’on en dise, beaucoup d’hommes associent encore leur valeur à leur puissance sociale. Et quand ils ont de l’argent, ils ne cherchent plus réduire leur femme.

C’est bien pour cela que je parle sans gêne de privilégier l’argent dans ses choix. Car oui, l’argent compte. Il structure. Il sécurise.

Comme j’aime le dire :

les critères en amour, ce sont comme les matériaux pour construire une maison.

Il faut du bois, des briques, du sable… Mais sans ciment, rien ne tient.

Et l’argent, c’est le ciment.

 Il ne remplace pas les autres matériaux ( loyauté, amour, respect, vision ) mais il les lie, les fixe, les rend durables.

En conclusion ne négligez aucun ingrédient, mais sachez reconnaître ce qui soutient l’ensemble.

Car, Le mariage n’est pas un rêve, c’est un contrat. Et comme tout contrat, il ne vaut que s’il est rentable pour les deux parties.

Alida Sephora K.

L’audacieuse