Dexter Morgan, sosie du patriarcat : menteur sanguinaire, dominateur exclusif

Mes Réflexions

« Je ne tue pas des innocents. Je nettoie le monde de ses monstres »

Dexter Morgan.

Ce justicier nocturne, qui ne tue que les “méchants”.

Ce héros brisé, ténébreux, méthodique.

Il incarnait une forme de justice alternative, propre, cadrée par un code : le code de Harry.

On s’y est attachées. On l’a adulé, acclamé.

Parce qu’on pensait qu’il n’était qu’un homme torturé, qui tuait les monstres pour protéger les innocents.

Parce qu’il nous donnait l’illusion d’un justicier moralement supérieur, d’un homme capable d’endosser la violence pour le bien commun.

Mais en réalité, on a cru à un mensonge.

Tout comme nos mères ont cru que les hommes étaient fondamentalement bons, seulement maladroits, parfois débordés par leur orgueil.

Qu’il y avait toujours derrière leurs cris, leurs coups, leurs trahisons… un protecteur.

Qu’il fallait supporter, pardonner, espérer.

Et nous aussi, on a cru que derrière le monstre Dexter Morgan, il y avait un héros.

Mais aujourd’hui, j’ai compris.

Dexter Morgan est la métaphore parfaite du patriarcat.

Un système qui se veut protecteur, mais qui tue pour se satisfaire lui-même.

Ils ont créé les règles pour mieux nous briser

Dans les premières saisons, Dexter tue selon un code.

Un code hérité de son père adoptif, Harry.

Un code censé l’empêcher de devenir un monstre incontrôlable.

Un code qui, avec du recul, ressemble étrangement aux règles que le patriarcat impose aux hommes, en particulier aux hommes noirs :

  • Respecte les femmes… mais contrôle-les.
  • Retiens-toi, sauf quand le système t’autorise à frapper.
  • Retiens de pleurer sois pragmatique, sauf en dessous de la ceinture.

Pour Dexter, ce code est une sorte de conscience artificielle. Il ne le suit pas pour faire le bien. Il le suit pour se donner bonne conscience. Pour avoir l’illusion d’une morale. Pour se convaincre qu’il n’est pas un tueur comme les autres.

Mais ce code n’a jamais effacé son envie de tuer.

Il l’a juste rendue… plus acceptable. Plus “noble”.

Le patriarcat fonctionne pareil.

Ce sont les hommes qui l’ont bâti. Ils ne sont pas ses prisonniers : ils en sont les maîtres.

Et pourtant, même entre eux, il y a des hiérarchies. Une forme de domination des hommes… par d’autres hommes.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que le code patriarcal que les hommes s’imposent entre eux (force, virilité, dureté, contrôle) leur sert à en imposer un autre, bien plus dur, aux femmes.

Et ce deuxième code n’a rien d’un pacte moral : c’est une structure de soumission.

Dexter, lorsqu’il s’apprête à tuer, attache ses victimes, les force à regarder les photos de ceux qu’ils ont tués. Il veut les confronter à leurs actes.

Mais en vérité, il veut surtout se convaincre qu’il est du bon côté.

Il veut qu’on croie qu’il tue pour les autres, alors qu’il tue pour lui.

Le faux semblant du bien : code ou excuse ?

Le mariage, l’enfantement, la soumission du soi-disant sexe faible et la convoitise de l’idéal féminin. Voilà les quatre grands piliers du patriarcat. Mais derrière ces “valeurs” se cache une seule obsession : le corps des femmes.

  • Le mariage, pour posséder leur corps.
  • L’enfantement, pour l’user, le briser, le rendre utile aux yeux du système.
  • La soumission, pour le contrôler, l’assouplir, le dominer.
  • Et la convoitise de l’idéal féminin, pour l’admirer comme un objet, mais jamais l’aimer comme un être.

Tout tourne autour de ce corps qu’il faut policer, surveiller, soumettre, afin qu’il réponde exclusivement aux désirs masculins. C’est de là que naît l’obsession pour le body count, les partenaires sexuels, les histoires passées des femmes. Parce qu’ils veulent savoir : qui a possédé ce corps ? Qui l’a fait jouir ? Qui l’a touché avant moi ? Est-ce qu’il reste quelque chose à conquérir ?

Et c’est là qu’on retrouve encore une fois le paradoxe Dexter Morgan.

Dexter ne tuait pas pour la justice. Il tuait pour posséder ses proies. Peu importait que les criminels finissent entre les mains de la loi. Ce qu’il voulait, c’était les avoir avant tout le monde. Il cachait des preuves. Il manipulait des scènes de crime. Parce que ce n’était pas la justice qui l’intéressait — c’était le pouvoir de faire justice lui-même, de tuer avant les autres. De jouir de l’acte. D’avoir l’exclusivité de la mise à mort.

Comme certains hommes veulent l’exclusivité du plaisir féminin.

Ce parallèle est brutal, mais nécessaire. Dexter Morgan ne voulait pas réparer le monde. Il voulait jouir d’un monde à sa manière.

Et le patriarcat ne cherche pas à protéger les femmes. Il cherche à jouir d’elles en se donnant bonne conscience.

Les femmes de Dexter : les archétypes du patriarcat

Dans la série Dexter, on voit qu’il fait la rencontre de cinq femmes : Rita, Lila, Debra, Hannah et Lumen. Mais il y a un point commun entre elles : il les détruit, il les éteint. À chaque avancée de la série, on réalise qu’il rencontre une nouvelle femme, comme un lien énergétique. Comme s’il avait besoin de l’énergie de chacune pour grandir, pour évoluer. C’est exactement ainsi que fonctionne le patriarcat : les femmes donnent leur énergie à ce système, une énergie qui est aspirée pour le construire et le maintenir.

Debra – la sœur ou la sacrifiée : l’archétype de la femme loyale

Dexter la prend pour acquise, la blesse sans la toucher, la vide tout en prétendant la protéger. C’est la sœur sacrificielle de la narration, comme tant de femmes le sont dans la vraie vie.


Celle qui pleure en l’attendant. Loyale jusqu’à l’oubli d’elle-même.

“Ils la prennent sans passion. Ils la laissent dans l’ombre. Ils l’épuisent et la réduisent à rien. Pendant ce temps, ils répètent qu’ils la ‘respectent un peu trop.’”

Debra, c’est l’évidente. La femme loyale, forte, dévouée. Celle qui sait, qui voit, qui reste. Elle incarne la loyauté qu’ils admirent, mais qu’ils refusent de désirer. Debra est trop bien pour eux. Trop digne pour être aimée. Alors ils la laissent dans l’ombre, la vident tout en affirmant la respecter.

Elle reste, elle pardonne, elle tolère. Même après avoir vu leur part d’ombre, elle essaie encore de les sauver, de les élever, de faire d’eux de meilleurs hommes.

Mais ils ne la choisissent jamais.

Ils l’épuisent, lui prennent tout, la réduisent à rien.

Et pendant ce temps, ils murmurent qu’ils la “respectent un peu trop”…

Mais en vérité, elle n’est qu’un pilier silencieux,

un socle pratique pour soutenir leur chaos, nourrir leur ego, absorber leur violence avec douceur.

Elle est cette femme qui aime un peu trop pour être aimée.

Cette femme dont la vie est mise entre parenthèses pour mieux servir la leur — sans jamais recevoir ni pardon, ni reconnaissance.

L’épouse choisie par la famille, la meilleure amie … la sœur aînée qui reste dans l’ombre juste parce qu’elle est une femme.

Rita – la femme “idéale”: l’archétype de la maternante sacrificielle

Dexter ne lui a jamais rien donné, mais il a tout pris. Son énergie, son temps, sa foi en lui. Et même sa vie.


Celle qui l’idéalise en silence. Convaincue qu’il finira par l’aimer correctement.

“Elle ne savait pas vivre sans idéaliser un monstre.”

Rita, c’est la femme idéale. Celle qui incarne tous les critères traditionnels.

C’est la femme idéale sur papier. Elle coche toutes les cases : douce, fidèle, maternelle, docile. Elle guérit sans poser de questions, elle aime sans jamais exiger. C’est l’épouse que l’on choisit non par amour, mais par confort. Rita croit qu’elle est aimée parce qu’elle est utile. Elle devient le remède temporaire d’un homme malade, mais jamais sa priorité. Son destin est scellé dès qu’elle cesse d’apaiser : elle est sacrifiée.

Elle incarne toutes ces femmes mariées depuis des décennies, qui s’imaginent “tenir leur foyer” alors qu’elles tiennent le silence, les larmes et les compromis. Ce sont les conseillères matrimoniales non sollicitées, les femmes effacées que le système récompense d’une bague… et punit d’un oubli.

Elle est la manifestation parfaite de l’hypothèse :

« celui qui trouve une femme, trouve le bonheur »

Elles croient au mythe de l’homme protecteur, de l’homme à construire.

Rita, ce n’est pas seulement l’épouse. C’est l’idéalisatrice.

Celle qui pardonne, qui justifie, qui croit en lui plus qu’en elle-même. Elle voit ses défauts comme des défauts temporaires, modifiables, guérissables.

Elle l’aide à se bâtir une identité, mais reste dans l’ombre de celle qu’elle aurait pu être.

C’est la femme qu’ils décrivent tous, celle dont ils disent avoir besoin quand ils sont enfin “prêts à se poser”

Dans l’ordre du patriarcat, elle est celle qui apporte la paix, la tranquillité, la stabilité.

Lila – l’archétype la femme fatale : la misogynie sexuelle

Lila, c’est l’anti-Rita. Elle est libre, audacieuse, sensuelle. Elle n’a pas honte de son corps, ni de son désir. Elle le revendique, elle le manie. Lila ne veut pas changer Dexter. Elle le comprend. Mais c’est justement ce qui la condamne. Car les hommes ne supportent pas une femme qui les regarde sans illusion, sans besoin, sans fragilité.


Celle dont il ne voit que le corps. Jamais l’être humain qu’elle est.

« C’est une Dalila dans un monde qui ne tolère que les Ritas. Alors ils la punissent pour ça.”

Alors ils la punissent pour ça. En lui refusant l ce qu’ils estiment essentiel :

le foyer, la stabilité, l’engagement.

Mais elle ne veut ni mariage, ni l’illusion d’être choisie. Juste une présence, un peu de chaleur, dans un monde avare d’affection.

Elle les sait dangereux. Mais elle les veut quand même.

Alors elle s’offre tête, cœur, parfois même l’âme, pour une étincelle de regard.

Dans la mécanique patriarcale, Lila est la femme “de trop”.

Celle qu’ils prennent après avoir sécurisé une Rita.

Celle avec qui ils font les folies qu’ils n’oseraient jamais vivre avec une épouse.

Lila incarne la peur masculine du féminin libre. Celle qui possède au lieu d’être possédée. On la désire avec obsession, puis on la détruit.

Ils la sacrifient. Parce qu’aucun homme ne veut vraiment affronter sa Dalila.

Lumen – l’archétype de la femme vulnérable : l’éponge émotionnelle

Lumen arrive brisée, vulnérable, en quête de justice. Elle croit trouver un allié en Dexter, mais devient un outil dans sa quête personnelle de rédemption. Il ne la choisit pas. Il l’utilise. Lumen est cette femme qui pense que l’amour va guérir ses traumas. Mais l’amour, ici, est un piège. Elle croit qu’il la sauve, alors qu’il l’expose, l’instrumentalise, puis l’abandonne.


Celle qui espère être sauvée. En croyant qu’il est différent.

“Elle est une passerelle, pas une destination. Une femme brisée à qui ils disent être différents, pour finir comme les autres.”

Elle est ce profil que les hommes “réparent” pour mieux se construire eux-mêmes. Elle pense qu’en l’aimant, il la sauvera. Mais il ne fait que s’ériger en héros sur les ruines de son histoire.

Elle symbolise ces jeunes filles perdues, vulnérables, que les hommes croisent et prétendent sauver.

Dans la logique patriarcale, Lumen incarne cette femme brisée, vulnérable, facile à séduire parce qu’elle a soif d’espoir. Elle est celle à qui ils disent être différents, meilleurs, plus doux, pour ensuite reproduire exactement les mêmes violences, les mêmes schémas. Ils savent qu’elle a besoin de croire en un sauveur – alors ils jouent ce rôle, temporairement, le temps d’exister à travers elle.

Hannah – La femme miroir : l’archétype de l’égale qui fait peur

Hannah entre dans la vie de Dexter au  moment où il est au sommet de sa noirceur. Elle ne tremble pas devant lui. Elle ne cherche pas à le réparer, ni à le fuir. Elle le voit tel qu’il est. Elle l’accepte. Parce qu’elle aussi est dangereuse. Aussi implacable que lui. Aussi capable que lui.


Celle dont l’amour leur fait peur. Parce qu’elle ne se soumet pas.

Il la détruisent, non parce qu’elle est dangereuse, mais parce qu’elle le rend fragile.

Hannah c’est la femme forte, lucide, accomplie. Celle qui renonce à elle-même en pensant que cet homme sera différent. Elle incarne toutes ces femmes puissantes qui chutent quand elles croient à la tendresse d’un système qu’elles connaissent pourtant.

Dans l’imaginaire patriarcal, on aime la dépeindre comme la femme “derrière le grand homme”.

Contrairement aux figures traditionnelles qu’on place “derrière un grand homme”, elle ne se tient pas en retrait pour construire un homme.

Sauf que sa faille, c’est l’amour. Hannah est cette femme qui sait. Qui a vu les monstres. Qui les a affrontés. Qui les a terrassés. Et qui, pourtant, croit que lui, cet homme-là, est différent. Elle connaît sa noirceur, mais elle pense qu’elle pourra le traverser.

Mais les hommes ne font pas de compromis. Ils utilisent la lucidité des femmes contre elles. Ils admirent leur force, leur courage, leur lucidité… jusqu’à ce qu’elles les aiment. 

“Elle pense qu’il est spécial, mais lui ne la voit pas comme spéciale. C’est ça, le piège.”

Alors, ils détruisent. Car ils ne veulent pas d’égal. Aimer une femme comme Hannah, ce serait renoncer à leur pouvoir.

Et elle en aimant, elle oublie la leçon la plus cruelle :

le patriarcat ne respecte jamais les femmes qu’il ne peut pas soumettre.

Maria LaGuerta – La justicière trahie : l’archétype de la femme lucide qu’on punit

Au début de la série, Maria LaGuerta est séduite par Dexter. Elle est fascinée. Elle le protège, elle le défend, elle le couvre, alors même que des signes apparaissent. Pourquoi ? Parce qu’elle est amoureuse. Et comme beaucoup de femmes, elle confond attirance et admiration, compétence et danger, douceur apparente et duplicité réelle.


Celle qui garde les yeux ouverts. Qu’on crucifie pour avoir vu trop clair.

C’est la femme lucide qui ne paie pas sa clairvoyance

Elle représente ces femmes qui, parce qu’elles aiment, suspendent leur jugement. Qui, parce qu’un homme leur plaît, décident de lui accorder le bénéfice du doute, quitte à nier ce que leur instinct leur hurle.

Elle est sacrifiée. Non pas parce qu’elle est faible, ou mauvaise, ou idiote. Mais parce qu’elle a cessé d’aimer. Parce qu’elle a refusé de continuer à être aveugle. Parce qu’elle a décidé de dire non.

Maria, c’est encore une femme forte, brillante, haut placée, que l’on élimine dès qu’elle devient une menace pour le système. Dès qu’elle ne joue plus son rôle de soutien muet et aimant. Dès qu’elle déclare la guerre à l’homme qu’elle aimait, et à tout ce qu’il incarne.

C’est une féministe.

De celles qui ont douté un jour, mais qui voient clair aujourd’hui.

Une proie devenue lucide. Une femme seule, donc dangereuse. Parce qu’ils rêvent tous de sacrifier celles qui ne leur appartiennent plus.

Harrison — La fin d’un cycle ?

Harrison est l’enfant de ce système. Il en porte les gènes. Il connaît les codes, la noirceur, la violence. Mais il choisit autre chose. Il ne se contente pas de dire qu’il n’est “pas comme les autres”. Il agit. Il affronte. Il détruit le monstre. Il tue le patriarcat.

“C’est l’ami dont les femmes ont besoin. Celui qui ne se cache pas dans l’ombre du bien, mais qui choisit de le faire.”

Harrison, c’est peut-être l’espoir. L’homme lucide, actif, courageux. Celui qui ne se contente pas de ne pas faire de mal — mais qui combat le mal qu’il reconnaît en lui et abat celui en l’autre monstre.

C’est celui que le patriarcat ne pourra pas récupérer.

Alida Sephora K.

L’audacieuse

Chef ou enfant ? À qui profitent vraiment les règles ?

Mes Réflexions

« L’homme, c’est comme un bébé. Faut le nourrir, le dorloter, le calmer. »

On l’a toutes entendue.

Que ce soit dans la bouche d’une tante, d’une mère, d’une voisine bienveillante ou d’une vendeuse dans un gbaka.

Toujours dite avec une pointe de résignation, une dose d’humour, et ce fond de vérité sociale qu’on ne questionne jamais.

Parce qu’il ne s’agit pas seulement de s’occuper de son mari.

Il faut s’occuper de son fils ET de son mari, pas comme on s’occuperait de sa fille.

Éduquer les filles. Excuser les garçons

Les filles, elles, doivent apprendre tôt à devenir des femmes.À porter la maison, à porter l’autre.

À porter la maison, à porter l’autre.

À se tenir loin du désir, à réprimer toute envie, à s’éloigner de la satisfaction.

À se garder comme une offrande pour l’élu.

Pendant ce temps,

les garçons, ces faux élus peuvent rester des faux enfants toute leur vie.

Ils partent à la conquête de jeunes femmes,

les « souillent » comme on écorche des fruits trop mûrs,

sans honte, sans retour.

Puis, sans jamais se remettre en question, ils rentrent chez eux, où une femme les attend.

Toujours. Pour s’occuper d’eux. Encore.

On nous apprend à être patientes quand ils crient, à être tendres quand ils fuient, à être solides quand ils s’effondrent.

Paradoxalement, la religion nous demande de nous soumettre à ces géants-bébés.

À ces hommes qui réclament nos corps comme des bonbons, nos silences comme des offrandes, et nos âmes comme des preuves d’amour.

Mais soyons claires:

Ce ne sont pas des bébés. Ce sont des adultes.

Des hommes conscients, lucides, puissants, stratégiques.

Des hommes qui savent exactement ce que leur rapporte l’image de l’homme-enfant.

Ils savent qu’elle attendrit, qu’elle excuse, qu’elle justifie..

Ils savent ce que leur vaut d’être considérés comme inconscients, impulsifs, instables.

Ils savent manier cette image comme une arme, et ils savent à qui elle profite.

Et bien qu’ils ne soient pas les auteurs de ce mythe, ils en tirent chaque avantage.

Ce sont, en général, des femmes qui nous le disent.

Des femmes persuadées qu’elles comprennent les hommes mieux que les hommes eux-mêmes,

Elles disent :

“Ils sont maladroits, tourmentés, sensibles à leur façon…”

D’ailleurs, soyons honnêtes : je n’ai jamais entendu un homme dire à une femme qu’un homme était comme un enfant.

Non.

Lui, il dit plutôt qu’il est le chef.

Et juste après s’être fait servir comme un enfant,

il réclame la soumission,

Car à ses yeux, ce n’est pas un service qu’il reçoit par incapacité, ce n’est pas un geste d’amour désintéressé ou de maternage doux.

Non.

C’est un droit conjugal.

Un dû.

Il le reçoit parce qu’il est “l’homme”,

parce qu’il est à un deuxième chromosome X cassée.

La grande contradiction.

Il ne voit même pas qu’il ne saurait pas faire tout ça tout seul.

Mais il ne le voit pas…

Parce que le système ne l’a jamais obligé à voir.

Ce système le décrit comme :

un être logique, pragmatique, structuré…

Puis dans la même phrase, il affirme que “l’homme est un bébé.”

Et tout de suite après : “le chef à qui on doit obéissance.”

Ce n’est pas de l’absurde.

C’est une stratégie.

Ce n’est pas une erreur. C’est un plan.

Ce système n’est pas incohérent. Il est calculé.

Chaque contradiction est une ruse.

Chaque mythe est une corde autour du cou des femmes.

  • L’homme est un bébé, il faut en prendre soin
  • L’homme est fort, donc il faut lui obéir.
  • L’homme est impulsif, alors, il faut le comprendre.
  • L’homme est chef, donc il ne faut pas discuter.
  • L’homme est rationnel, mais mais il ne peut pas gérer sa libido…

Et moi, alors ? Je suis quoi ?

Le vent ?

Un décor ? Une brise utile à ses élans ?

Parce que pendant ce temps,

moi, je dois :

être pure,

  • être fidèle,
  • être soumise,
  • et capable d’encaisser même l’infidélité…de cet homme soi-disant rationnel.

Où est la logique ?

Si la femme est “émotive”, pourquoi devrait-elle être la plus disciplinée ?

Et si l’homme est “rationnel”, pourquoi ne peut-il pas résister et fermer sa braguette ?

Tout cela n’a rien de logique.

C’est un théâtre.

Une mise en scène millénaire où l’homme joue tous les rôles : le roi, le blessé, le bourreau, le nourrisson.

Et vous, femmes, êtes les accessoires du décor.

Un système qui prospère sur vous.

Ce système fonctionne parce que vous y participez malgré vous.

Parce qu’on vous a dit que c’était ça, être une femme :

  • supporter,
  • endurer,
  • plier,.
  • attendre que lui change.

Mais pendant que vous croyez aimer un enfant blessé,

vous servez en réalité un manipulateur averti. Un homme qui ne changera pas, parce qu’il profite trop bien de votre patience soigneusement construite,

celle qu’on vous a apprise à appeler « amour ».

Il a besoin de vous pour briller.

Il a besoin de votre énergie.

De votre naïveté.

De votre amour.

De cette lumière que vous portez, celle qu’il ne possède pas mais qu’il veut absorber, voler, modeler à sa convenance.

Alors il crée des croyances.

Il les inscrit dans vos bibles, dans vos contes, dans vos prières.

Il vous fait croire que vous serez bénies en vous soumettant.

Mais pendant ce temps,

il prospère sur vos efforts, vos silences, vos douleurs.

Chaque pierre de ce système a été placée pour servir les intérêts des hommes:

  • “Le corps est le temple de Dieu.”

Comme par magie c’est uniquement celui des femmes que Dieu contemple comme sacré.

  • “Une femme a de la valeur si elle est pure.”

Au yeux de qui? De l’école, de vos enfants ou votre ? Non.

  • “Le mariage est l’accomplissement ultime.”

Oui parce que sinon qu’est qui vous pousse à rester au près d’un enfant géant qui se proclame chef.

  • “Un infidèle qu’on doit tolérer.”

Le pragmatique qui s’est même pas contrôlé son propre corps.

Soyons raisonnable, bon sang !!!

Le patriarcat n’est pas une erreur. C’est une arnaque

Parce que pendant que vous croyez aimer un enfant blessé,

vous êtes en train de servir un manipulateur averti.

C’est une supercherie structurée.

Un théâtre où les femmes se battent pour une place qu’elles n’ont jamais choisie,

pendant que les hommes brillent sous les projecteurs d’une pièce qu’ils n’ont même pas écrite eux-mêmes.

Ils ont juste appris à en tirer les ficelles.

C’est juste un homme. Fait de chair, de sang, de faiblesses, de contradictions. Comme vous.

Il n’a rien de sacré. Rien de céleste. Il n’est pas au-dessus. Il n’est pas plus fort. Il n’est pas plus sage.

Il n’est pas un roi, il n’est pas un prophète, il n’est pas une exception.

Il est né d’une femme. Il sort de vos entrailles. Vous l’avez porté. Nourri. Éduqué. Aimé. Créé.

Et pourtant, regardez :

Il a tourné le monde à son avantage

Il a redéfini la vérité. Il a réécrit les règles. Il a tordu la morale jusqu’à en faire un piège pour vous.

Un piège où vous devez plier, servir, comprendre, excuser, pardonner…

Pendant que lui exige, prend, quitte, détruit, et revient.

Bon sang.

Ce système-là, ce pouvoir-là, il ne l’a pas pris par mérite.

Il l’a reçu.

Et souvent, de vos mains, parce qu’on vous a appris que c’était ça, être une femme.

Mon conseil est simple. Radical. Vital.

Si être une femme, c’est souffrir, supporter, encaisser, plier, attendre qu’un homme change, qu’un homme comprenne,

alors arrêtez.

Arrêtez d’être des femmes.

Pas au sens biologique, pas au sens social.

Mais cessez d’être ce que le système appelle “une femme”.

Cessez d’être ce pilier silencieux, ce tampon sacrificiel, ce refuge pour adultes immatures.

Devenez autre chose.

Quelque chose de libre. Quelque chose de fort. Quelque chose d’inattendu.

Mais ne soyez plus cette version de la femme qui se définit uniquement par rapport à l’homme.

Alida Sephora K.

L’audacieuse

Promesses vides

Mes Poèmes

Il m’a blessée comme on souffle sur une flamme,

non pour l’éteindre violemment,

mais pour la faire vaciller en silence.

Il s’est effacé de moi sans bruit,

comme un parfum qui quitte la peau sans prévenir,

ne laissant derrière lui

qu’un frisson et le souvenir d’une caresse.

Il avait l’élégance d’un homme bien élevé,

de ceux qui ouvrent les portières,

qui règlent les trajets comme on règle une dette,

mais dont la tendresse restait hors service,

disponible uniquement en vitrine.

Il me regardait comme on contemple un vitrail :

à travers, sans jamais entrer.

Il parlait d’amour avec des mots polis,

mais ses silences criaient plus fort que ses promesses.

Je devenais trop réelle,

trop pleine de moi,

et il déposait son absence comme une rose fanée

sur l’autel de ma patience.

J’ai cru, comme une enfant bercée d’espoir,

qu’un homme de chez nous pouvait être roi,

qu’il suffisait d’un peu d’amour

pour transformer la rudesse en noblesse.

J’ai aimé sans flancher.

Pour moi, aimer, c’est décider.

Et je l’avais choisi

comme on choisit de croire en un miracle.

Mais l’amour n’obéit pas aux mêmes lois que la volonté.

On ne désaime pas d’un geste sec.

J’ai remis mon cœur avant mon corps,

comme on tend une coupe sacrée.

Je suis ce sanctuaire qu’on n’ouvre pas aux passants,

une prière que l’on garde au fond du souffle.

Je demandais un serment avant la chair,

un pacte avant l’abandon.

Mais il voulait franchir les portes

sans y déposer sa vérité.

Il n’a pas compris que pour moi,

le désir est une foi,

non une formalité de peau.

Il ne m’a jamais crié dessus,

non.

Il m’a juste ignorée

jusqu’à ce que mon silence ressemble à une absence.

Il m’a blessée en costume trois pièces,

avec des mots choisis,

et une distance bien repassée.

Je mendiais des gestes simples,

il me donnait des excuses emballées.

Je me suis tue.

J’ai appris à plier,

à me faire petite pour tenir dans ses marges.

Mais j’aurais mérité un amour vaste,

à la mesure de mes orages.

Je suis de celles qui vont jusqu’au bout.

Je suis une flèche, une frontale,

je traverse la nuit même quand elle me coupe les ailes.

Mais je suis aussi une analyste du cœur :

je décortique les absences,

je classe les silences,

je comprends avant qu’on me dise.

Je dissèque mes douleurs

pour ne jamais les rejouer.

La petite fille en moi rêvait encore,

pensait qu’un homme taillé dans la rugosité

pouvait cacher un prince dans le creux de sa poitrine.

Mais la femme que je suis s’est levée,

seule,

fière,

d’une beauté froissée,

dans un lit de cendres.

Je n’étais pas la Belle au bois dormant.

Son baiser ne m’a pas réveillée —

il m’a endormie.

Ma féminité voulait s’ouvrir comme une fleur au soleil,

mais il a marché dessus avec des chaussures cirées.

Et pourtant je me suis levée,

digne comme une guerre qui a survécu.

Ma flamme n’a pas brûlé pour rien :

elle a laissé des traces sur les murs du silence.

Je ne baisserai plus les yeux

pour entrer dans une vie qui n’est pas faite pour moi.

Je n’aimerai plus comme ça,

en m’effaçant,

en m’abandonnant.

Je ne serai jamais une “vraie” femme,

si cela signifie perdre mon nom

pour porter un nom qui m’étrangle.

Je me redresse.

La douleur encore posée sur les os,

mais l’âme droite comme un ciel d’orage.

Je me reconstruis

dans les interstices du manque,

dans les phrases que je n’ai pas dites,

dans les silences que j’ai remplis de poèmes.

Car ce n’était qu’un homme 

un chromosome X fêlé,

un ego fragile qui réclame soumission pour grandir

et jouissance infini sous un souffle déguisé en promesse. 

Il n’était rien,

sinon le fruit du cri d’une femme.

Et moi, je suis ce cri devenu parole. 

Alida Sephora K.

L’audacieuse

À mes chers enfants

Mes Poèmes

Chaque pas que je fais me rapproche un peu plus de vous… ou m’éloigne beaucoup trop.

J’ai fait des choix, et je me quitte peu à peu, vers une autre vie.

Une vie dans laquelle, peut-être, je ne vous rencontrerai jamais.

Une vie un peu trop rigide, un peu trop ordonnée, où mes décisions vous excluent sans le vouloir.

Mais si j’y parviens…

Si je coche toutes les cases,

Si un jour nos chemins se croisent enfin,

Alors je serai la femme la plus heureuse du monde.

Et si je n’y arrive pas…

Si l’univers ne nous accorde pas cette rencontre,

Alors dans une autre vie peut-être.

Mais sachez ceci : mon amour pour vous est déjà né.

Un amour immense.

Celui d’une mère qui a connu la rue, la maltraitance, les larmes, le vide, la faim, l’humiliation, les regrets, les échecs, les peines et les silences.

Mais c’est de cet amour-là que je vous écris.

Un amour brut, fait de cicatrices, de résilience et de lumière.

Quand je pose la main sur mon ventre, même vide,

Je sens un lien invisible, une vibration douce et ancienne.

Je sais que vous n’y êtes pas encore,

Mais quelque part, l’univers vous a déjà tissés à moi.

Je suis, je le crois, née pour être votre mère.

Alors je fais un choix.

Chaque jour.

Le choix de renoncer à vous, un peu, pour mieux vous accueillir, demain.

Le choix de construire un monde où vous ne manquerez de rien.

Un monde digne de vous.

Je croise des hommes, mais aucun ne vous ressemble.

Je les efface un à un.

Votre maman est une solitaire, un temple.

Chaque fois qu’un homme m’adresse la parole,

Je me demande :

« Est-ce qu’il est bon pour vous ? »

« Sera-t-il un père tendre ou un père distant ? »

« Aimera-t-il fort ou à moitié ? »

Je choisis même son physique pour vous,

Parce que je veux que vous soyez beaux,

Et que vous n’ayez jamais à endurer le harcèlement que j’ai connu.

Votre maman est une perfectionniste,

Une femme faite de feu et de terre,

Qui veut tout bien faire.

Elle a appris de ses erreurs,

Et n’attend que vous pour aimer sans retenue.

Je suis de celles qui savent.

Celles qui lisent la tristesse dans les yeux,

Qui sentent les regrets, les douleurs, les peurs.

Mais je ne ressemble pas à celles qui connaissent la douceur.

Parce que je ne l’ai jamais vraiment connue.

Je suis rigide, forte, froide parfois.

Mais vous ne trouverez pas plus tendre, plus sincère,

Plus espérante, plus amoureuse, plus entière que moi.

Je serai là, du premier pas au dernier.

Je serai là pour vos rires comme pour vos chutes.

Je serai là, toujours.

Le jour où je vous tiendrai contre moi,

Je vous dirai : soyez vous-mêmes.

Je vous embrasserai avec tous vos défauts,

Car je ne rêve de rien d’autre… que de vous.

Vous viendrez comme vous êtes.

Trop éveillés, trop calmes, timides ou exubérants,

Qu’importe.

Je vous aimerai tout entier.

Tout ce que je demande à l’univers,

C’est que vous soyez en bonne santé.

Parce que ce monde est dur, cruel, rude.

Je prendrai toutes les balles à votre place.

Et si jamais vous ne venez pas…

Je vivrai avec, dans un coin de mon cœur,

Un amour immense, silencieux mais fier.

Car cela voudra dire que je n’ai pas trouvé l’homme,

Celui qui justifie votre venue,

Celui qui aurait pu vous donner une vie douce.

Je vous aurai alors épargnés.

Et j’en serai fière.

Alors non, vous ne viendrez pas cette année.

Peut-être pas l’année prochaine.

Ni même celle d’après.

Mais un jour… un jour, je vous verrai.

Je trouverai celui qui vous mérite.

Celui qui mérite aussi votre maman.

Et ce jour-là, nous aurons tout.

Je vous le promets.

Et peu importe ce que la vie décidera,

Qu’on se voie ou non,

Ce sera un choix d’amour.

Un choix immense,

Celui de renoncer à mon bonheur pour vous éviter la douleur.

Je vous offrirai un toit,

Une famille, des jouets, un père.

Je vous le promets.

Amoureusement, patiemment, intensément,

Votre maman…

Qui vous aime, sans vous connaître.

Alida Sephora K.

L’audacieuse