La vie, ce grand monstre

La vie, c’est le plus grand des monstres.

On parle souvent de manipulation, mais aucune n’est plus cruelle qu’elle.

Elle sait sourire, séduire, promettre. Elle nous tend la main, et pendant qu’on tourne la tête, elle prépare déjà la chute.

Quand la vie décide d’arriver, rien ne peut l’arrêter.

Et quand elle décide de partir, on ne peut qu’espérer.

Il y a une phrase que je répète souvent, presque sans m’en rendre compte :

« La vie et la mort sont comme deux associés. L’une nous juge, l’autre nous condamne. »

Elles ne sont jamais très loin l’une de l’autre.

La vie, c’est la face douce de l’iceberg. Elle se présente avec tendresse, nous fait rire, rêver, espérer.

On veut bien faire, on veut vivre, donner, s’accrocher à elle de toutes nos forces.

Mais derrière son sourire, se cache toujours la mort.

Quand elle change de visage, c’est elle qu’on appelle.

Et quand la mort s’avance, la vie s’efface.

Elle ne protège pas. Elle se met de côté, spectatrice impassible.

Alors on continue de courir, de s’attacher, de lutter , pour nous, pour ceux qu’on aime,

en oubliant que la mort n’est que le second visage de la vie.

Deux pôles, une seule entité.

Un jour, c’est la vie qui prend le devant de la scène.

Un autre, c’est la mort.

En vérité, la mort n’existe pas.

C’est simplement la vie qui arrête de collaborer avec les humains.

La mort, ce n’est qu’un mot qu’on a inventé pour décrire la rupture du contrat.

La fin de la mission.

La vie, elle, reste. Elle se contente de dire :

« C’était beau. On a trop ri, trop aimé, trop vécu. Le contrat s’arrête là. Merci. »

Alida Sephora K.

L’audacieuse

La vraie vie 

Mes Poèmes

Mes yeux s’attardent sur le rouge qui sublime le vin dans mon verre,

chaque nuance de pourpre est une promesse d’ivresse.

Celui-ci, telle une sirène aux chants ensorcelants,

m’invite à oublier une journée que je ne mérite pas,

à rêver de mon mérite, l’espace d’un instant volé.

J’aurais renoncé à mon perfectionnisme pour trinquer avec la folie de l’interdit.

J’aurais tant désiré être de ceux qui vivent sans attendre demain,

mais la vie, en sentinelle méfiante, m’a mise sur mes gardes.

À force de manquer de tendresse envers moi, 

elle m’a contrainte à perdre ma spontanéité envers elle.

Ainsi, je guette la prochaine larme en esquissant un rire fragile,

sachant qu’elle finira par se détacher.

Derrière un « je t’aime » se cache souvent un « je t’aime plus »

pour les fins aux illusions dorées,

et un « je te déteste » pour les vérités implacables.

Je poursuis mon regard dans le rouge de mon vin,

miroir sanglant de mes désillusions,

tandis que le liquide qui coule dans mes veines,

tantôt complice, tantôt traître,

m’avertit que les contes de fées ne résistent pas à la lumière du jour.

Dans le monde réel, le prince se perd parmi une foule de Cendrillons,

chacune chaussant la fragilité d’une pantoufle de verre.

Aucun homme n’embrasse un corps en décomposition :

il n’existe ni miracle, ni fée marraine,

et nul réveil pour la Belle au Bois Dormant.

La Bête accueille la Belle non par amour, mais par un besoin désespéré de compagnie,

pour ne pas sombrer seule dans l’ombre d’un château désert.

Et, implacable, il finit par la dévorer.

Le crapaud demeure ce qu’il est :

aucun baiser ne l’extrait de sa boue,

car les hommes ne se métamorphosent pas sous les murmures d’une femme.

Éric dévore Ariel – ce n’est qu’un poisson,

et il ne connaît point la douceur du végétarisme.

Mulan s’élance dans la bataille,

mais les lames, aveugles aux identités,

la réduisent à n’être qu’une femme parmi les loups.

Des loups impitoyables, qui se plaisent à imposer leur violence,

à engendrer des vies sans le moindre consentement,

scellant ainsi le destin de celles qui, naguère, rêvaient d’un conte enchanté.

Alida Sephora K.

L’audacieuse

Ma dignité est une reine

Mes Poèmes

Je suis née ici,

Sur une terre d’Ivoire où les dieux se sont tus face aux lamentations de mes ancêtres,

esclaves de leur existence, liés aux chaînes du silence.

Ici, le sable garde l’empreinte des illusions premières d’un peuple orangé par un espoir imité en foi.

Et le soleil, trop orange pour être tendre, brûle les pupilles de celles qui espèrent, stimule l’enfer au lieu réchauffer les cœurs.

On m’a dit que j’étais incomplète.

Moi, qui viens d’un peuple où les femmes sont reines,

j’y ai cru.

On m’a dit d’attendre qu’un homme me remarque pour être complète.

J’ai attendu,

comme on attend la pluie sur une terre trop sèche pour donner encore.

On m’a vendue à l’idée d’être choisie,

j’en ai rêvé.

comme si l’amour était un trophée pour les dociles.

Mes ancêtres ont attendu la liberté, puis ils se sont levés pour la conquérir.

Mais à nous, les femmes, on a appris à l’attendre encore sous le nom d’amour.

Se soumettre pour être aimée, se plier pour mériter.

L’héritage d’un esclavage rebaptisé romance.

Une existence travestie en vertu, où le péché se maquille en devoir, et la femme s’efface derrière le rôle de mère.

Il fut un temps où mon âme restait droite, gainée dans des robes impeccables,
tandis que ma volonté se défaisait, fil après fil, sous le poids des sermons bien-pensants

Mais aujourd’hui, je me remémore les pleures de l’enfant

qui a enraciné la route de ma lignée.

je convoque ma valeur.

Je la regarde en face.

Et je me rappelle :

je suis née ici, oui,

mais je me suis enfantée moi-même, pas par les mains de femmes déchues de leur autorité, mais par l’élan d’une dignité que rien n’altère.

Alors, je fais honneur à une lignée,

à une femme qui descend d’Abla Pokou, reine sevrée d’abus patriarcaux,

relevée par la mémoire et la force d’exister.

Je ne suis plus cette fille aux prières bancales, apeurée par sa propre force,

ni aux espérances pendues aux lèvres masculines.

Je ne suis pas contre l’amour, bien au contraire, je l’adule.

Mais je le préfère nu, loyal, lucide car je le veux brut.

Pas ce besoin de dominer sous prétexte d’aimer.

Pas un ego affamé cherchant à grandir dans ma lumière.

Et surtout, pas une version réduite de moi, modelée pour rassurer un homme.

Si l’univers, ce vieux sage aux silences profonds

insistait pour me ramener vers l’amour,

qu’il sache ne pas me présenter un maître, mais un égal.

Capable de tenir la lumière sans m’éclipser,

et de porter ses ombres sans m’y fondre.

Je ne serai plus l’ornement d’un récit masculin parce que je ne rétrécirai plus pour laisser la place.

S’il ose venir vers moi, qu’il sache je ne suis pas un trophée à éblouir,

mais une vérité à rencontrer.

Qu’il sache que mes bras ne s’ouvrent pas pour accueillir une illusion,

mais un homme assez courageux pour aimer une réalité indomptée.

Il serre une femme, faite de feu, de faille, et de fierté

tendre comme le souffle d’un orage qui ne s’annonce pas.

Car, je ne marcherai plus vers une vie vidée de vie,

où l’on s’incline devant les dogmes du masculin sacré.

Je suis une femme entière,
solide comme Yaa Asantewaa,
lourde de résistance,
enracinée dans l’héritage de celles qui n’ont jamais plié
encore moins pour une alliance ou un nom d’imposture.

Alida Sephora K.

L’Audacieuse

Un regard envoûtant

Mes Poèmes

C’était une lueur d’attention qui encombrait mon monde. Petite fille dans le corps d’une grande, je me retenais de sautiller dans les rues.

À défaut d’agiter mes jambes dans la ville, j’agitais mes rires dans ta vie. J’étais cette fille sombre qui s’illuminait face à ton regard.

Mon cœur s’agitait, mon âme s’alarmait.

J’étais face à un regard et un sourire. Un regard exalté qui m’adulait, des yeux qui m’absorbaient d’admiration.

Je savais qu’à chaque réveil, j’allais le chercher.

Je le savais, je le devais et j’en avais besoin, pourtant je ne l’ai pas cherché.

Je n’ai pas cherché cette clé qui avait éveillé mes sens et causé ma fièvre.

À ce regard, j’avais donné le pouvoir d’éteindre le mien.

Un pouvoir dont l’absence en moi me rendait si fragile.

Face à cette excitation, ma pudeur vacillait. Je balbutiais et perdais ma quiétude en restant figée.

Le digérer, c’était ma plus grande peur,

même si le digérer m’était impossible, car je n’avais rien avalé.

Alors que je l’observais à distance, reculant par crainte, je savais encore que j’aurais dû m’en rapprocher et laisser ma vie s’imprégner de ce regard.

Mais je restais à distance, sans l’oublier dans le silence, en espérant qu’il s’enfuirait.

Me remémorer ce regard étincelant aurait été mon seul réconfort s’il s’éloignait.

Je l’aurais pris comme un signe, comme quoi j’avais raison de ne pas l’avoir pourchassé, malgré l’ébranlement qu’il avait causé en moi.

Face à cette étincelle, je devenais cette fille qui voulait grandir sans jamais avoir été femme.

Et face à cette fille que mon cerveau ne supportait pas, il mettait tout en œuvre pour protéger mon cœur.

La fuite de mon étincelle m’aurait rappelé ce qui était impossible.

Finalement, mon étincelle n’aurait été qu’un souvenir : proche dans mon cœur, inutile dans ma tête, et loin dans le temps.

Alida Sephora K.

L’Audacieuse

Promesses vides

Mes Poèmes

Il m’a blessée comme on souffle sur une flamme,

non pour l’éteindre violemment,

mais pour la faire vaciller en silence.

Il s’est effacé de moi sans bruit,

comme un parfum qui quitte la peau sans prévenir,

ne laissant derrière lui

qu’un frisson et le souvenir d’une caresse.

Il avait l’élégance d’un homme bien élevé,

de ceux qui ouvrent les portières,

qui règlent les trajets comme on règle une dette,

mais dont la tendresse restait hors service,

disponible uniquement en vitrine.

Il me regardait comme on contemple un vitrail :

à travers, sans jamais entrer.

Il parlait d’amour avec des mots polis,

mais ses silences criaient plus fort que ses promesses.

Je devenais trop réelle,

trop pleine de moi,

et il déposait son absence comme une rose fanée

sur l’autel de ma patience.

J’ai cru, comme une enfant bercée d’espoir,

qu’un homme de chez nous pouvait être roi,

qu’il suffisait d’un peu d’amour

pour transformer la rudesse en noblesse.

J’ai aimé sans flancher.

Pour moi, aimer, c’est décider.

Et je l’avais choisi

comme on choisit de croire en un miracle.

Mais l’amour n’obéit pas aux mêmes lois que la volonté.

On ne désaime pas d’un geste sec.

J’ai remis mon cœur avant mon corps,

comme on tend une coupe sacrée.

Je suis ce sanctuaire qu’on n’ouvre pas aux passants,

une prière que l’on garde au fond du souffle.

Je demandais un serment avant la chair,

un pacte avant l’abandon.

Mais il voulait franchir les portes

sans y déposer sa vérité.

Il n’a pas compris que pour moi,

le désir est une foi,

non une formalité de peau.

Il ne m’a jamais crié dessus,

non.

Il m’a juste ignorée

jusqu’à ce que mon silence ressemble à une absence.

Il m’a blessée en costume trois pièces,

avec des mots choisis,

et une distance bien repassée.

Je mendiais des gestes simples,

il me donnait des excuses emballées.

Je me suis tue.

J’ai appris à plier,

à me faire petite pour tenir dans ses marges.

Mais j’aurais mérité un amour vaste,

à la mesure de mes orages.

Je suis de celles qui vont jusqu’au bout.

Je suis une flèche, une frontale,

je traverse la nuit même quand elle me coupe les ailes.

Mais je suis aussi une analyste du cœur :

je décortique les absences,

je classe les silences,

je comprends avant qu’on me dise.

Je dissèque mes douleurs

pour ne jamais les rejouer.

La petite fille en moi rêvait encore,

pensait qu’un homme taillé dans la rugosité

pouvait cacher un prince dans le creux de sa poitrine.

Mais la femme que je suis s’est levée,

seule,

fière,

d’une beauté froissée,

dans un lit de cendres.

Je n’étais pas la Belle au bois dormant.

Son baiser ne m’a pas réveillée —

il m’a endormie.

Ma féminité voulait s’ouvrir comme une fleur au soleil,

mais il a marché dessus avec des chaussures cirées.

Et pourtant je me suis levée,

digne comme une guerre qui a survécu.

Ma flamme n’a pas brûlé pour rien :

elle a laissé des traces sur les murs du silence.

Je ne baisserai plus les yeux

pour entrer dans une vie qui n’est pas faite pour moi.

Je n’aimerai plus comme ça,

en m’effaçant,

en m’abandonnant.

Je ne serai jamais une “vraie” femme,

si cela signifie perdre mon nom

pour porter un nom qui m’étrangle.

Je me redresse.

La douleur encore posée sur les os,

mais l’âme droite comme un ciel d’orage.

Je me reconstruis

dans les interstices du manque,

dans les phrases que je n’ai pas dites,

dans les silences que j’ai remplis de poèmes.

Car ce n’était qu’un homme 

un chromosome X fêlé,

un ego fragile qui réclame soumission pour grandir

et jouissance infini sous un souffle déguisé en promesse. 

Il n’était rien,

sinon le fruit du cri d’une femme.

Et moi, je suis ce cri devenu parole. 

Alida Sephora K.

L’audacieuse

À mes chers enfants

Mes Poèmes

Chaque pas que je fais me rapproche un peu plus de vous… ou m’éloigne beaucoup trop.

J’ai fait des choix, et je me quitte peu à peu, vers une autre vie.

Une vie dans laquelle, peut-être, je ne vous rencontrerai jamais.

Une vie un peu trop rigide, un peu trop ordonnée, où mes décisions vous excluent sans le vouloir.

Mais si j’y parviens…

Si je coche toutes les cases,

Si un jour nos chemins se croisent enfin,

Alors je serai la femme la plus heureuse du monde.

Et si je n’y arrive pas…

Si l’univers ne nous accorde pas cette rencontre,

Alors dans une autre vie peut-être.

Mais sachez ceci : mon amour pour vous est déjà né.

Un amour immense.

Celui d’une mère qui a connu la rue, la maltraitance, les larmes, le vide, la faim, l’humiliation, les regrets, les échecs, les peines et les silences.

Mais c’est de cet amour-là que je vous écris.

Un amour brut, fait de cicatrices, de résilience et de lumière.

Quand je pose la main sur mon ventre, même vide,

Je sens un lien invisible, une vibration douce et ancienne.

Je sais que vous n’y êtes pas encore,

Mais quelque part, l’univers vous a déjà tissés à moi.

Je suis, je le crois, née pour être votre mère.

Alors je fais un choix.

Chaque jour.

Le choix de renoncer à vous, un peu, pour mieux vous accueillir, demain.

Le choix de construire un monde où vous ne manquerez de rien.

Un monde digne de vous.

Je croise des hommes, mais aucun ne vous ressemble.

Je les efface un à un.

Votre maman est une solitaire, un temple.

Chaque fois qu’un homme m’adresse la parole,

Je me demande :

« Est-ce qu’il est bon pour vous ? »

« Sera-t-il un père tendre ou un père distant ? »

« Aimera-t-il fort ou à moitié ? »

Je choisis même son physique pour vous,

Parce que je veux que vous soyez beaux,

Et que vous n’ayez jamais à endurer le harcèlement que j’ai connu.

Votre maman est une perfectionniste,

Une femme faite de feu et de terre,

Qui veut tout bien faire.

Elle a appris de ses erreurs,

Et n’attend que vous pour aimer sans retenue.

Je suis de celles qui savent.

Celles qui lisent la tristesse dans les yeux,

Qui sentent les regrets, les douleurs, les peurs.

Mais je ne ressemble pas à celles qui connaissent la douceur.

Parce que je ne l’ai jamais vraiment connue.

Je suis rigide, forte, froide parfois.

Mais vous ne trouverez pas plus tendre, plus sincère,

Plus espérante, plus amoureuse, plus entière que moi.

Je serai là, du premier pas au dernier.

Je serai là pour vos rires comme pour vos chutes.

Je serai là, toujours.

Le jour où je vous tiendrai contre moi,

Je vous dirai : soyez vous-mêmes.

Je vous embrasserai avec tous vos défauts,

Car je ne rêve de rien d’autre… que de vous.

Vous viendrez comme vous êtes.

Trop éveillés, trop calmes, timides ou exubérants,

Qu’importe.

Je vous aimerai tout entier.

Tout ce que je demande à l’univers,

C’est que vous soyez en bonne santé.

Parce que ce monde est dur, cruel, rude.

Je prendrai toutes les balles à votre place.

Et si jamais vous ne venez pas…

Je vivrai avec, dans un coin de mon cœur,

Un amour immense, silencieux mais fier.

Car cela voudra dire que je n’ai pas trouvé l’homme,

Celui qui justifie votre venue,

Celui qui aurait pu vous donner une vie douce.

Je vous aurai alors épargnés.

Et j’en serai fière.

Alors non, vous ne viendrez pas cette année.

Peut-être pas l’année prochaine.

Ni même celle d’après.

Mais un jour… un jour, je vous verrai.

Je trouverai celui qui vous mérite.

Celui qui mérite aussi votre maman.

Et ce jour-là, nous aurons tout.

Je vous le promets.

Et peu importe ce que la vie décidera,

Qu’on se voie ou non,

Ce sera un choix d’amour.

Un choix immense,

Celui de renoncer à mon bonheur pour vous éviter la douleur.

Je vous offrirai un toit,

Une famille, des jouets, un père.

Je vous le promets.

Amoureusement, patiemment, intensément,

Votre maman…

Qui vous aime, sans vous connaître.

Alida Sephora K.

L’audacieuse

L’Envers de l’Amour

Mes Poèmes

Une boule, à défaut d’adrénaline, se loge dans mon cœur, une larme remplace les papillons dans mon ventre.

Mon instinct l’avait vu, mon cerveau l’avait su, mais mon espoir déclinait la vérité.

Mon regard noircit, se languit de Cupidon, tandis que mon âme de diablesse sourit sous l’illusion de son réveil.

Remettre le masque de Némésis m’excite, tandis que découvrir sa face de Don Juan me fait reculer.

Mon éternelle hypocrisie feint de me victimiser, car j’ai un alibi : celui d’être la garce de l’histoire.

Ma misandrie me rappelle qu’il n’y a pas d’exception.

Ma Vénus, elle, me murmure douceur et harmonie, mais détruit avec élégance.

L’action de ma beauté venimeuse s’impose pour soigner mon Soleil, délacté par de faux espoirs.

Tandis que mon Uranus cogite et s’active en s’attachant à Pluton sous la gouverne de Saturne,

Mon désir de vengeance exile la Lune pour la remplacer par Mercure.

Je m’aventure avec confiance, conviction et charme.

La douleur derrière la douceur, la colère derrière la classe,

Les blessures derrière chaque bouleversement, les regrets derrière chaque “je t’aime”.

J’écris avec dégoût, peur et amertume ce que j’ai touché avec amour.

Ma misandrie l’avait prédit : il n’y a pas d’exception.

Mon cœur, pourtant, a murmuré l’impossible malgré les prédictions de mon cerveau.

Ils tuent toujours quelque chose…

Le plus souvent sexuellement.

Encore plus physiquement.

Très souvent psychologiquement.

Parfois moralement.

Mais ici, c’est sentimentalement.

Tout cela, ma misandrie le savait.

Mais ma féminité l’a exclu.

Alida Sephora K.

L’audacieuse.