La vie, ce grand monstre

La vie, c’est le plus grand des monstres.

On parle souvent de manipulation, mais aucune n’est plus cruelle qu’elle.

Elle sait sourire, séduire, promettre. Elle nous tend la main, et pendant qu’on tourne la tête, elle prépare déjà la chute.

Quand la vie décide d’arriver, rien ne peut l’arrêter.

Et quand elle décide de partir, on ne peut qu’espérer.

Il y a une phrase que je répète souvent, presque sans m’en rendre compte :

« La vie et la mort sont comme deux associés. L’une nous juge, l’autre nous condamne. »

Elles ne sont jamais très loin l’une de l’autre.

La vie, c’est la face douce de l’iceberg. Elle se présente avec tendresse, nous fait rire, rêver, espérer.

On veut bien faire, on veut vivre, donner, s’accrocher à elle de toutes nos forces.

Mais derrière son sourire, se cache toujours la mort.

Quand elle change de visage, c’est elle qu’on appelle.

Et quand la mort s’avance, la vie s’efface.

Elle ne protège pas. Elle se met de côté, spectatrice impassible.

Alors on continue de courir, de s’attacher, de lutter , pour nous, pour ceux qu’on aime,

en oubliant que la mort n’est que le second visage de la vie.

Deux pôles, une seule entité.

Un jour, c’est la vie qui prend le devant de la scène.

Un autre, c’est la mort.

En vérité, la mort n’existe pas.

C’est simplement la vie qui arrête de collaborer avec les humains.

La mort, ce n’est qu’un mot qu’on a inventé pour décrire la rupture du contrat.

La fin de la mission.

La vie, elle, reste. Elle se contente de dire :

« C’était beau. On a trop ri, trop aimé, trop vécu. Le contrat s’arrête là. Merci. »

Alida Sephora K.

L’audacieuse

La vraie vie 

Mes Poèmes

Mes yeux s’attardent sur le rouge qui sublime le vin dans mon verre,

chaque nuance de pourpre est une promesse d’ivresse.

Celui-ci, telle une sirène aux chants ensorcelants,

m’invite à oublier une journée que je ne mérite pas,

à rêver de mon mérite, l’espace d’un instant volé.

J’aurais renoncé à mon perfectionnisme pour trinquer avec la folie de l’interdit.

J’aurais tant désiré être de ceux qui vivent sans attendre demain,

mais la vie, en sentinelle méfiante, m’a mise sur mes gardes.

À force de manquer de tendresse envers moi, 

elle m’a contrainte à perdre ma spontanéité envers elle.

Ainsi, je guette la prochaine larme en esquissant un rire fragile,

sachant qu’elle finira par se détacher.

Derrière un « je t’aime » se cache souvent un « je t’aime plus »

pour les fins aux illusions dorées,

et un « je te déteste » pour les vérités implacables.

Je poursuis mon regard dans le rouge de mon vin,

miroir sanglant de mes désillusions,

tandis que le liquide qui coule dans mes veines,

tantôt complice, tantôt traître,

m’avertit que les contes de fées ne résistent pas à la lumière du jour.

Dans le monde réel, le prince se perd parmi une foule de Cendrillons,

chacune chaussant la fragilité d’une pantoufle de verre.

Aucun homme n’embrasse un corps en décomposition :

il n’existe ni miracle, ni fée marraine,

et nul réveil pour la Belle au Bois Dormant.

La Bête accueille la Belle non par amour, mais par un besoin désespéré de compagnie,

pour ne pas sombrer seule dans l’ombre d’un château désert.

Et, implacable, il finit par la dévorer.

Le crapaud demeure ce qu’il est :

aucun baiser ne l’extrait de sa boue,

car les hommes ne se métamorphosent pas sous les murmures d’une femme.

Éric dévore Ariel – ce n’est qu’un poisson,

et il ne connaît point la douceur du végétarisme.

Mulan s’élance dans la bataille,

mais les lames, aveugles aux identités,

la réduisent à n’être qu’une femme parmi les loups.

Des loups impitoyables, qui se plaisent à imposer leur violence,

à engendrer des vies sans le moindre consentement,

scellant ainsi le destin de celles qui, naguère, rêvaient d’un conte enchanté.

Alida Sephora K.

L’audacieuse

La pauvreté non plus n’est pas mariable!

Chronique à Abidjan

« Tu n’es pas mariable »,

écrivait-il sous une de mes publications, affaissé par l’élan de ma beauté.

Cet homme, au teint peu flatteur et à la silhouette mal accordée, avait laissé ce commentaire, comme tant d’autres de son espèce le font.

Un peu partout en Afrique, ces hommes qui n’ont rien à offrir aux femmes, si ce n’est la misère et la musculation gratuite des bras suite à un soupire égaré au dessus d’un mortier, ne se gênent pas pour qualifier « les comme moi » de matérialistes.

Des féministes qui refusent de voir le mariage comme un accomplissement.

Ou des femmes, tout simplement, qui pensent que le mariage devrait aussi être un apport financier.

Ou les deux à la fois, comme moi.

En Côte d’Ivoire, ces jeunes hommes qu’on appelle « débrouillards » nous classent :

Il y aurait, selon eux, d’un côté les djandous,

et de l’autre, les femmes « qui finiront seules »,

comme si cela était un événement catastrophique.

Et moi, j’étais donc une djandou, qui – selon les dires de ce jeune homme, vêtu de son jean déteint et assis au fond de son « entrée-couchée » au rideau Louis Vuitton non référencé – finirait seule.

Cela ne me gênait pas.

Car, dans mille cieux tendres, j’ai appris à comprendre l’impuissance et la frustration de ces pseudo-êtres forts.

Alors, comment vous dire ?

Je n’ai jamais compris l’importance d’être en couple, quand il n’y a pas de valeur absolue.

Un couple pour l’apparence ? Pour les photos ? Pour dire que j’ai réussi ma féminité ?

Mais réussie selon qui ?

Selon ce monsieur qui confond virilité et grognement ?

Selon ce système qui exige de nous soumission, douceur, patience et silence, pendant qu’eux offrent à peine un toit en tôle et des promesses qu’ils ne respectent pas ?

Non merci.

À Abidjan, on croise ce genre de mâle au carrefour, au maquis, dans les commentaires, dans les taxis et même parfois à la maison :

celui qui n’a ni bagage émotionnel déballé, ni ambition déployée,

mais qui croit pouvoir t’évaluer.

Il n’a pas grand-chose, mais il veut une femme complète.

Il n’est pas guéri, mais il veut être aimé comme un roi.

Il n’est pas riche, mais il refuse les femmes qui « aiment l’argent ».

Quel paradoxe n’est ce pas ?!

Il n’a pas de vision, mais il déteste les femmes « trop indépendantes ».

C’est ça, la nouvelle comédie romantique de nos rues.

Et nous, pendant ce temps, on vit.

On avance, on crée, on gagne, on rêve.

On dit non, parfois avec douceur, parfois avec insolence.

Parce que notre valeur ne dépend plus d’un regard ni d’un anneau.

Et si c’est ça, « finir seule » 

Alors laissez-moi seule, avec mes livres, ma paix, je ne désire qu’une carte bancaire et ma liberté.

Alida Sephora K.

L’audacieuse

Paix à haut risque 

Mes Poèmes

Plongée dans l’abîme depuis son plus tendre âge,

elle a toujours dû se défendre.

Condamnée à survivre,

elle a construit des murs d’acier,

s’y enfermant sans relâche.

La vie l’a épuisée,

et l’amour,

qui aurait dû être une évidence,

s’est transformé en une douleur constante. 

Depuis trop longtemps,

elle se sent accablée,

réduite à une existence où elle n’a d’autre choix que de se battre sans fin ou de fuir. 

Toute son énergie est consacrée à sa défense,

au point qu’elle ne ressent même plus la douleur, car celle-ci ne l’a jamais quittée.

Elle a renoncé au rêve de la maternité,

convaincue que son cœur, vidé de toute tendresse, n’avait plus la capacité d’aimer.

Alors, elle a donné son cœur à l’espoir et confié son esprit à la foi.

Puis un jour, elle a décidé de ne plus souffrir. De choisir la paix. 

Une paix qui, pourtant, l’a plongée dans une indifférence constante.

La solitude est devenue sa seule réponse à une enfance marquée par la torture. 

Elle traîne son cœur essoufflé et troué dans ce monde,

ne s’abandonnant plus qu’à son cerveau, le seul organe encore valide.

Le dégoût de l’humanité et la douleur l’ont enfermée dans une solitude qu’elle espère salvatrice.

Elle rêve de partir, de disparaître sans jamais revenir.

De dire aux inconnus qu’elle vient de nulle part,

sans avoir à raconter son passé.

De fuir pour guérir. D’espérer l’oubli pour exister.

Elle veut s’éloigner, s’extraire de ce froid glacial qui l’engourdit sans la libérer totalement.

Elle a accepté d’être la méchante, celle qui finira seule, si cela peut lui permettre de ne plus souffrir.

Elle rêve de paix.

Elle rêve de partir très loin sans se retourner.

Mais elle ne souhaite surtout pas s’endormir pour toujours.

Elle sait que la vie lui doit beaucoup.

Elle sait qu’elle l’a trop pleurée.

Elle sait qu’elle mérite un peu de paix.

Alors, elle ira la chercher.

Elle ne sera plus la victime, quitte à devenir la coupable.

Alida Sephora K.

Ta douce audacieuse!

Les choses qu’on m’a apprises sans me les dire

Chronique à Abidjan

Je suis née à Abidjan. Le plus doux au monde, qu’on disait.

J’ai grandi entre les murs tièdes de Cocody et les éclats de rire des enfants de Marcory.

On courait, on jouait, on transpirait la joie.

C’était avant les obligations, avant les attentes.

C’était le temps où l’on me regardait sans exiger.

La petite fille un peu trop bavarde, un peu trop rêveuse.

On m’écoutait et on me laissait vivre.

Et puis, j’ai grandi.

D’abord, j’ai appris à marcher. Puis à parler. Puis à me taire quand il fallait.

J’ai appris l’école, et j’ai aimé ça. J’aimais la sensation d’apprendre. Rentrer le soir et avoir quelque chose à dire.

Je me sentais vivante dans le savoir.

Et puis un jour, j’ai eu 16 ans.

Mais avant ça déjà, à 13, 14 ans, ma mère avait commencé à m’observer d’un œil neuf.

L’œil inquiet des mères africaines qui flairent l’arrivée des garçons.

Elle voulait me protéger d’eux.

Et ça tombait bien : je n’avais pas envie d’eux.

Ils ne me manquaient pas.

Je vivais autre chose.

Puis j’ai eu 18 ans.

Et sans prévenir, les conversations ont changé. On ne m’a plus protégée des garçons, on m’a préparée pour eux.

On a commencé à me parler d’eux.

De comment me tenir.

De ce qu’il fallait dire, faire, devenir.

On m’a dit que je me marierais.

Que j’aurais des enfants.

Que je construirais une famille.

Je n’ai rien dit. Je n’avais rien demandé.

Mais ces phrases sont restées.

Elles se sont accrochées à moi comme des étiquettes mal collées.

Des tampons rouges sur mon dossier de femme.

Une évidence imposée.

Comme si j’étais un formulaire à remplir, et qu’on y cochait les cases pour moi.

Je n’ai jamais parlé de maternité. Je n’ai jamais rêvé de mariage.

Mais ces rêves-là, on me les a greffés.

Sans anesthésie.

Alors j’ai continué.

J’ai rigolé, vécu, étudié.

Et j’ai commencé, un peu timidement, à chercher ce petit ami qu’on m’avait interdit avant, et qu’on attendait de moi maintenant.

Mais aucun d’eux ne me ressemblait.

Ils étaient là, brillants, bruyants.

Mais pas pour moi.

Trop étroits dans leurs idées, trop pleins d’eux-mêmes, trop vides de ce que j’étais.

Et les femmes autour de moi : mères, tantes, sœurs

ont continué leurs prières déguisées en conseils.

Comporte-toi bien.

Sois douce.

Sois polie.

Sois disponible.

Mais dans tous ces “sois”, personne ne m’a demandé si je voulais.

Moi, je n’ai jamais eu envie d’être une “bonne femme”.

Je ne sais même pas ce que ça veut dire.

Je crois que personne ne le sait vraiment.

C’est une image qu’on agite devant toi pour que tu suives,

un peu comme on fait courir un âne derrière une carotte invisible.

Une promesse de respect, de place, de paix.

Mais à quel prix ?

Je me suis sentie comme une brebis à qui on montre le chemin vers l’abattoir,

et qu’on félicite pour son obéissance.

Et puis j’ai eu 20 ans. Puis 22.

Et c’est là que j’ai vu d’autres femmes.

Pas autour de moi.

Pas dans mon quartier.

Pas dans ma famille.

Mais sur mon téléphone.

Sur un écran lumineux qui m’a montré d’autres lumières.

Des femmes qui militaient.

Des femmes libres.

Des femmes qui criaient ce que moi je n’avais jamais osé penser pendant que mon cœur me le murmurait.

Et pour la première fois, mon cœur a eu un sens.

Il s’est enflammé. Il s’est reconnu.

Ce n’étaient pas mes sœurs. Pas mes mères.

Mais mon âme, elle, les appelait “ma famille”.

Elles m’ont dit qu’on pouvait exister pour soi.

Qu’on pouvait être femme sans devoir être épouse.

Qu’on pouvait rêver sans devoir enfanter.

Qu’on pouvait être respectée sans devoir s’excuser d’être forte.

Et je les ai suivies.

Elles m’ont sauvée.

Un peu.

Mais je suis encore là.

Au milieu des mêmes rues.

Des mêmes voix.

Des mêmes injonctions.

Et chaque jour, je me lève.

Pas pour convaincre,

mais pour continuer à exister.

Dans ce monde qui me dit ce que je devrais être,

moi, je décide ce que je suis.

Alida Sephora K.

L’audacieuse

Dexter Morgan, sosie du patriarcat : menteur sanguinaire, dominateur exclusif

Mes Réflexions

« Je ne tue pas des innocents. Je nettoie le monde de ses monstres »

Dexter Morgan.

Ce justicier nocturne, qui ne tue que les “méchants”.

Ce héros brisé, ténébreux, méthodique.

Il incarnait une forme de justice alternative, propre, cadrée par un code : le code de Harry.

On s’y est attachées. On l’a adulé, acclamé.

Parce qu’on pensait qu’il n’était qu’un homme torturé, qui tuait les monstres pour protéger les innocents.

Parce qu’il nous donnait l’illusion d’un justicier moralement supérieur, d’un homme capable d’endosser la violence pour le bien commun.

Mais en réalité, on a cru à un mensonge.

Tout comme nos mères ont cru que les hommes étaient fondamentalement bons, seulement maladroits, parfois débordés par leur orgueil.

Qu’il y avait toujours derrière leurs cris, leurs coups, leurs trahisons… un protecteur.

Qu’il fallait supporter, pardonner, espérer.

Et nous aussi, on a cru que derrière le monstre Dexter Morgan, il y avait un héros.

Mais aujourd’hui, j’ai compris.

Dexter Morgan est la métaphore parfaite du patriarcat.

Un système qui se veut protecteur, mais qui tue pour se satisfaire lui-même.

Ils ont créé les règles pour mieux nous briser

Dans les premières saisons, Dexter tue selon un code.

Un code hérité de son père adoptif, Harry.

Un code censé l’empêcher de devenir un monstre incontrôlable.

Un code qui, avec du recul, ressemble étrangement aux règles que le patriarcat impose aux hommes, en particulier aux hommes noirs :

  • Respecte les femmes… mais contrôle-les.
  • Retiens-toi, sauf quand le système t’autorise à frapper.
  • Retiens de pleurer sois pragmatique, sauf en dessous de la ceinture.

Pour Dexter, ce code est une sorte de conscience artificielle. Il ne le suit pas pour faire le bien. Il le suit pour se donner bonne conscience. Pour avoir l’illusion d’une morale. Pour se convaincre qu’il n’est pas un tueur comme les autres.

Mais ce code n’a jamais effacé son envie de tuer.

Il l’a juste rendue… plus acceptable. Plus “noble”.

Le patriarcat fonctionne pareil.

Ce sont les hommes qui l’ont bâti. Ils ne sont pas ses prisonniers : ils en sont les maîtres.

Et pourtant, même entre eux, il y a des hiérarchies. Une forme de domination des hommes… par d’autres hommes.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que le code patriarcal que les hommes s’imposent entre eux (force, virilité, dureté, contrôle) leur sert à en imposer un autre, bien plus dur, aux femmes.

Et ce deuxième code n’a rien d’un pacte moral : c’est une structure de soumission.

Dexter, lorsqu’il s’apprête à tuer, attache ses victimes, les force à regarder les photos de ceux qu’ils ont tués. Il veut les confronter à leurs actes.

Mais en vérité, il veut surtout se convaincre qu’il est du bon côté.

Il veut qu’on croie qu’il tue pour les autres, alors qu’il tue pour lui.

Le faux semblant du bien : code ou excuse ?

Le mariage, l’enfantement, la soumission du soi-disant sexe faible et la convoitise de l’idéal féminin. Voilà les quatre grands piliers du patriarcat. Mais derrière ces “valeurs” se cache une seule obsession : le corps des femmes.

  • Le mariage, pour posséder leur corps.
  • L’enfantement, pour l’user, le briser, le rendre utile aux yeux du système.
  • La soumission, pour le contrôler, l’assouplir, le dominer.
  • Et la convoitise de l’idéal féminin, pour l’admirer comme un objet, mais jamais l’aimer comme un être.

Tout tourne autour de ce corps qu’il faut policer, surveiller, soumettre, afin qu’il réponde exclusivement aux désirs masculins. C’est de là que naît l’obsession pour le body count, les partenaires sexuels, les histoires passées des femmes. Parce qu’ils veulent savoir : qui a possédé ce corps ? Qui l’a fait jouir ? Qui l’a touché avant moi ? Est-ce qu’il reste quelque chose à conquérir ?

Et c’est là qu’on retrouve encore une fois le paradoxe Dexter Morgan.

Dexter ne tuait pas pour la justice. Il tuait pour posséder ses proies. Peu importait que les criminels finissent entre les mains de la loi. Ce qu’il voulait, c’était les avoir avant tout le monde. Il cachait des preuves. Il manipulait des scènes de crime. Parce que ce n’était pas la justice qui l’intéressait — c’était le pouvoir de faire justice lui-même, de tuer avant les autres. De jouir de l’acte. D’avoir l’exclusivité de la mise à mort.

Comme certains hommes veulent l’exclusivité du plaisir féminin.

Ce parallèle est brutal, mais nécessaire. Dexter Morgan ne voulait pas réparer le monde. Il voulait jouir d’un monde à sa manière.

Et le patriarcat ne cherche pas à protéger les femmes. Il cherche à jouir d’elles en se donnant bonne conscience.

Les femmes de Dexter : les archétypes du patriarcat

Dans la série Dexter, on voit qu’il fait la rencontre de cinq femmes : Rita, Lila, Debra, Hannah et Lumen. Mais il y a un point commun entre elles : il les détruit, il les éteint. À chaque avancée de la série, on réalise qu’il rencontre une nouvelle femme, comme un lien énergétique. Comme s’il avait besoin de l’énergie de chacune pour grandir, pour évoluer. C’est exactement ainsi que fonctionne le patriarcat : les femmes donnent leur énergie à ce système, une énergie qui est aspirée pour le construire et le maintenir.

Debra – la sœur ou la sacrifiée : l’archétype de la femme loyale

Dexter la prend pour acquise, la blesse sans la toucher, la vide tout en prétendant la protéger. C’est la sœur sacrificielle de la narration, comme tant de femmes le sont dans la vraie vie.


Celle qui pleure en l’attendant. Loyale jusqu’à l’oubli d’elle-même.

“Ils la prennent sans passion. Ils la laissent dans l’ombre. Ils l’épuisent et la réduisent à rien. Pendant ce temps, ils répètent qu’ils la ‘respectent un peu trop.’”

Debra, c’est l’évidente. La femme loyale, forte, dévouée. Celle qui sait, qui voit, qui reste. Elle incarne la loyauté qu’ils admirent, mais qu’ils refusent de désirer. Debra est trop bien pour eux. Trop digne pour être aimée. Alors ils la laissent dans l’ombre, la vident tout en affirmant la respecter.

Elle reste, elle pardonne, elle tolère. Même après avoir vu leur part d’ombre, elle essaie encore de les sauver, de les élever, de faire d’eux de meilleurs hommes.

Mais ils ne la choisissent jamais.

Ils l’épuisent, lui prennent tout, la réduisent à rien.

Et pendant ce temps, ils murmurent qu’ils la “respectent un peu trop”…

Mais en vérité, elle n’est qu’un pilier silencieux,

un socle pratique pour soutenir leur chaos, nourrir leur ego, absorber leur violence avec douceur.

Elle est cette femme qui aime un peu trop pour être aimée.

Cette femme dont la vie est mise entre parenthèses pour mieux servir la leur — sans jamais recevoir ni pardon, ni reconnaissance.

L’épouse choisie par la famille, la meilleure amie … la sœur aînée qui reste dans l’ombre juste parce qu’elle est une femme.

Rita – la femme “idéale”: l’archétype de la maternante sacrificielle

Dexter ne lui a jamais rien donné, mais il a tout pris. Son énergie, son temps, sa foi en lui. Et même sa vie.


Celle qui l’idéalise en silence. Convaincue qu’il finira par l’aimer correctement.

“Elle ne savait pas vivre sans idéaliser un monstre.”

Rita, c’est la femme idéale. Celle qui incarne tous les critères traditionnels.

C’est la femme idéale sur papier. Elle coche toutes les cases : douce, fidèle, maternelle, docile. Elle guérit sans poser de questions, elle aime sans jamais exiger. C’est l’épouse que l’on choisit non par amour, mais par confort. Rita croit qu’elle est aimée parce qu’elle est utile. Elle devient le remède temporaire d’un homme malade, mais jamais sa priorité. Son destin est scellé dès qu’elle cesse d’apaiser : elle est sacrifiée.

Elle incarne toutes ces femmes mariées depuis des décennies, qui s’imaginent “tenir leur foyer” alors qu’elles tiennent le silence, les larmes et les compromis. Ce sont les conseillères matrimoniales non sollicitées, les femmes effacées que le système récompense d’une bague… et punit d’un oubli.

Elle est la manifestation parfaite de l’hypothèse :

« celui qui trouve une femme, trouve le bonheur »

Elles croient au mythe de l’homme protecteur, de l’homme à construire.

Rita, ce n’est pas seulement l’épouse. C’est l’idéalisatrice.

Celle qui pardonne, qui justifie, qui croit en lui plus qu’en elle-même. Elle voit ses défauts comme des défauts temporaires, modifiables, guérissables.

Elle l’aide à se bâtir une identité, mais reste dans l’ombre de celle qu’elle aurait pu être.

C’est la femme qu’ils décrivent tous, celle dont ils disent avoir besoin quand ils sont enfin “prêts à se poser”

Dans l’ordre du patriarcat, elle est celle qui apporte la paix, la tranquillité, la stabilité.

Lila – l’archétype la femme fatale : la misogynie sexuelle

Lila, c’est l’anti-Rita. Elle est libre, audacieuse, sensuelle. Elle n’a pas honte de son corps, ni de son désir. Elle le revendique, elle le manie. Lila ne veut pas changer Dexter. Elle le comprend. Mais c’est justement ce qui la condamne. Car les hommes ne supportent pas une femme qui les regarde sans illusion, sans besoin, sans fragilité.


Celle dont il ne voit que le corps. Jamais l’être humain qu’elle est.

« C’est une Dalila dans un monde qui ne tolère que les Ritas. Alors ils la punissent pour ça.”

Alors ils la punissent pour ça. En lui refusant l ce qu’ils estiment essentiel :

le foyer, la stabilité, l’engagement.

Mais elle ne veut ni mariage, ni l’illusion d’être choisie. Juste une présence, un peu de chaleur, dans un monde avare d’affection.

Elle les sait dangereux. Mais elle les veut quand même.

Alors elle s’offre tête, cœur, parfois même l’âme, pour une étincelle de regard.

Dans la mécanique patriarcale, Lila est la femme “de trop”.

Celle qu’ils prennent après avoir sécurisé une Rita.

Celle avec qui ils font les folies qu’ils n’oseraient jamais vivre avec une épouse.

Lila incarne la peur masculine du féminin libre. Celle qui possède au lieu d’être possédée. On la désire avec obsession, puis on la détruit.

Ils la sacrifient. Parce qu’aucun homme ne veut vraiment affronter sa Dalila.

Lumen – l’archétype de la femme vulnérable : l’éponge émotionnelle

Lumen arrive brisée, vulnérable, en quête de justice. Elle croit trouver un allié en Dexter, mais devient un outil dans sa quête personnelle de rédemption. Il ne la choisit pas. Il l’utilise. Lumen est cette femme qui pense que l’amour va guérir ses traumas. Mais l’amour, ici, est un piège. Elle croit qu’il la sauve, alors qu’il l’expose, l’instrumentalise, puis l’abandonne.


Celle qui espère être sauvée. En croyant qu’il est différent.

“Elle est une passerelle, pas une destination. Une femme brisée à qui ils disent être différents, pour finir comme les autres.”

Elle est ce profil que les hommes “réparent” pour mieux se construire eux-mêmes. Elle pense qu’en l’aimant, il la sauvera. Mais il ne fait que s’ériger en héros sur les ruines de son histoire.

Elle symbolise ces jeunes filles perdues, vulnérables, que les hommes croisent et prétendent sauver.

Dans la logique patriarcale, Lumen incarne cette femme brisée, vulnérable, facile à séduire parce qu’elle a soif d’espoir. Elle est celle à qui ils disent être différents, meilleurs, plus doux, pour ensuite reproduire exactement les mêmes violences, les mêmes schémas. Ils savent qu’elle a besoin de croire en un sauveur – alors ils jouent ce rôle, temporairement, le temps d’exister à travers elle.

Hannah – La femme miroir : l’archétype de l’égale qui fait peur

Hannah entre dans la vie de Dexter au  moment où il est au sommet de sa noirceur. Elle ne tremble pas devant lui. Elle ne cherche pas à le réparer, ni à le fuir. Elle le voit tel qu’il est. Elle l’accepte. Parce qu’elle aussi est dangereuse. Aussi implacable que lui. Aussi capable que lui.


Celle dont l’amour leur fait peur. Parce qu’elle ne se soumet pas.

Il la détruisent, non parce qu’elle est dangereuse, mais parce qu’elle le rend fragile.

Hannah c’est la femme forte, lucide, accomplie. Celle qui renonce à elle-même en pensant que cet homme sera différent. Elle incarne toutes ces femmes puissantes qui chutent quand elles croient à la tendresse d’un système qu’elles connaissent pourtant.

Dans l’imaginaire patriarcal, on aime la dépeindre comme la femme “derrière le grand homme”.

Contrairement aux figures traditionnelles qu’on place “derrière un grand homme”, elle ne se tient pas en retrait pour construire un homme.

Sauf que sa faille, c’est l’amour. Hannah est cette femme qui sait. Qui a vu les monstres. Qui les a affrontés. Qui les a terrassés. Et qui, pourtant, croit que lui, cet homme-là, est différent. Elle connaît sa noirceur, mais elle pense qu’elle pourra le traverser.

Mais les hommes ne font pas de compromis. Ils utilisent la lucidité des femmes contre elles. Ils admirent leur force, leur courage, leur lucidité… jusqu’à ce qu’elles les aiment. 

“Elle pense qu’il est spécial, mais lui ne la voit pas comme spéciale. C’est ça, le piège.”

Alors, ils détruisent. Car ils ne veulent pas d’égal. Aimer une femme comme Hannah, ce serait renoncer à leur pouvoir.

Et elle en aimant, elle oublie la leçon la plus cruelle :

le patriarcat ne respecte jamais les femmes qu’il ne peut pas soumettre.

Maria LaGuerta – La justicière trahie : l’archétype de la femme lucide qu’on punit

Au début de la série, Maria LaGuerta est séduite par Dexter. Elle est fascinée. Elle le protège, elle le défend, elle le couvre, alors même que des signes apparaissent. Pourquoi ? Parce qu’elle est amoureuse. Et comme beaucoup de femmes, elle confond attirance et admiration, compétence et danger, douceur apparente et duplicité réelle.


Celle qui garde les yeux ouverts. Qu’on crucifie pour avoir vu trop clair.

C’est la femme lucide qui ne paie pas sa clairvoyance

Elle représente ces femmes qui, parce qu’elles aiment, suspendent leur jugement. Qui, parce qu’un homme leur plaît, décident de lui accorder le bénéfice du doute, quitte à nier ce que leur instinct leur hurle.

Elle est sacrifiée. Non pas parce qu’elle est faible, ou mauvaise, ou idiote. Mais parce qu’elle a cessé d’aimer. Parce qu’elle a refusé de continuer à être aveugle. Parce qu’elle a décidé de dire non.

Maria, c’est encore une femme forte, brillante, haut placée, que l’on élimine dès qu’elle devient une menace pour le système. Dès qu’elle ne joue plus son rôle de soutien muet et aimant. Dès qu’elle déclare la guerre à l’homme qu’elle aimait, et à tout ce qu’il incarne.

C’est une féministe.

De celles qui ont douté un jour, mais qui voient clair aujourd’hui.

Une proie devenue lucide. Une femme seule, donc dangereuse. Parce qu’ils rêvent tous de sacrifier celles qui ne leur appartiennent plus.

Harrison — La fin d’un cycle ?

Harrison est l’enfant de ce système. Il en porte les gènes. Il connaît les codes, la noirceur, la violence. Mais il choisit autre chose. Il ne se contente pas de dire qu’il n’est “pas comme les autres”. Il agit. Il affronte. Il détruit le monstre. Il tue le patriarcat.

“C’est l’ami dont les femmes ont besoin. Celui qui ne se cache pas dans l’ombre du bien, mais qui choisit de le faire.”

Harrison, c’est peut-être l’espoir. L’homme lucide, actif, courageux. Celui qui ne se contente pas de ne pas faire de mal — mais qui combat le mal qu’il reconnaît en lui et abat celui en l’autre monstre.

C’est celui que le patriarcat ne pourra pas récupérer.

Alida Sephora K.

L’audacieuse

La Bible en main, la femme noire à genoux : l’Histoire oubliée

Mes Réflexions

« Femmes, soyez soumises à vos maris, comme il convient dans le Seigneur. »

Oui. Cette phrase-là. On l’a toutes entendue. De la bouche des hommes. De la bouche des femmes. Parfois même de nos propres mères.

Et pendant longtemps, je n’ai jamais osé la questionner. Parce qu’elle vient de Dieu. Parce qu’elle est sacrée. Parce que toucher à ce qui est “écrit” serait presque blasphématoire.

Alors, par crainte.

Par peur de l’enfer.

Par devoir religieux ou simple instinct de survie, personne ne pose de question.

On ne remet pas en cause ce qui est estampillé « parole de Dieu ».

Mais voyez-vous…

Une parole soi-disant divine, transmise par la main des hommes,

mérite, croyez-moi, mesdames, toute notre vigilance.

Et surtout, toute notre analyse.

Et si tu es une femme noire, chrétienne, il y a de grandes chances qu’on te l’ait récitée avec ferveur.

Comme un ordre divin.

Comme une vérité qui ne se discute pas.

Comme si Dieu lui-même t’avait choisie pour baisser les yeux.

Mais moi, je veux qu’on s’arrête.

Je veux qu’on respire.

Et qu’on réfléchisse.

Un peuple qui a connu la servitude peut-il, doit-il, exiger la soumission ?

Le verset comme arme

Aujourd’hui, les hommes noirs – oui, les hommes noirs – aiment parler de soumission. Ils la réclament. Ils l’exigent. Ils la scandent. Mais surtout, ils la justifient avec la Bible. Ils sortent des versets comme des gifles bien emballées. Ils parlent d’ordre divin, de rôle, de place. Mais ce qu’ils oublient de dire, c’est que la soumission, ce n’est pas l’amour.

Ce n’est pas la foi. Ce n’est pas le respect.

C’est l’annulation. C’est l’obéissance sans débat. C’est l’effacement sous prétexte de piété.

Et dans la bouche d’un homme qui ne craint même pas Dieu, c’est encore pire.

Mais ça, je vous en parlerai une autre fois. Parce que, croyez-moi, les hommes ne craignent pas Dieu.

Ils craignent de perdre le pouvoir.

Et ils utilisent Dieu comme couverture.

Quand l’esclave devient maître de la chaîne

C’est là que le paradoxe me dérange.

Comment un peuple qui a connu l’esclavage, qui a souffert, qui a saigné, peut-il avoir l’audace de demander à ses propres femmes de se soumettre ?

Vous avez connu les chaînes, et maintenant, vous les réclamez pour vos épouses ?

Je ne parle pas en l’air. Je parle de mémoire.

Je parle de ce que l’histoire nous a enseigné.

Je parle de ces hommes noirs qui, autrefois, pour un peu de confort, un lit propre, une meilleure ration, sont devenus des chefs d’esclaves.

Ceux qu’on récompensait pour avoir mieux dressé leurs frères.

Et aujourd’hui, ce schéma continue.

Les femmes qui se taisent, qui s’inclinent, qui obéissent, on leur promet une récompense :

Le mariage.

Le titre de « bonne épouse ».

Le droit d’être appelée « madame quelqu’un ».

Ce pacte de silence, ce marché invisible mais bien réel,

C’est exactement le même deal que celui qu’on proposait à l’esclave noir pour qu’il surveille les autres :

« Tu veux mieux vivre ? Alors, soumets-toi. Et fais taire les autres avec toi. »

C’est une stratégie vieille comme le monde :.

Diviser pour mieux régner.

Certaines femmes, celles qu’on appelle “Pick Me“, moi je les appelle les dommages collatéraux du patriarcat.

Ce sont les bras armés du patriarcat. Il leur faire croire que leur soumission est une élévation.

Des femmes brisées, avalées, modelées par le système.

Celles qu’on ne peut plus sauver.

Pas parce qu’elles sont perdues. Mais parce qu’elles ne veulent pas être libérées.

Elles sont là à défendre le silence, à prêcher la soumission, à traiter l’homme comme un roi capricieux qu’il faut toujours satisfaire.

Elles ont fait de la religion une prison.

Elles se sont persuadées que leur bonheur est dans l’effacement.

Et même quand elles souffrent, elles disent « Dieu me voit ».

Oui, il te voit. Mais est-ce lui qui t’a dit de souffrir ?

Le sexisme est un racisme qui passe mieux

« Les femmes ne savent pas conduire. »

Et pourtant…

75 % des accidents sont causés par des hommes.

Les chiffres parlent. Mais les bouches préfèrent le silence des faits à la musique des clichés.

Maintenant, imaginez que je dise :

« Les Noirs ne savent pas conduire. »

Ou pire : « Les Blancs ne savent pas conduire. »

L’indignation serait immédiate. On crierait au racisme. Les réseaux sociaux s’enflammeraient.

On parlerait d’oppression, de stigmatisation, d’atteinte à la dignité.

Et pourtant…

Ce sexisme quotidien, ce poison lent qu’on sert aux femmes,

tout le monde le boit.

Sans même grimacer.

Les hommes noirs, dans leur grande majorité, reproduisent le système qu’ils prétendent détester.

Celui qui les a humiliés, asservis, enchaînés.

Aujourd’hui, ils deviennent les nouveaux gardiens de ce système,

mais tournés vers nous. Les femmes.

Ils nous rabaissent. Nous infantilisent. Nous imposent le silence.

Ils font avec nous ce que d’autres ont fait avec eux et nous également.

La chaîne ne s’est pas brisée. Elle a juste changé de direction.

Les anciens asservis maintiennent désormais d’autres au pied de la chaîne.

Ils sont passés du statut de dominés à celui de relais.

Pas libérés. Juste recyclés par le système.

Ceux qui ont goûté à l’humiliation en infligent à leur tour.

Ceux qui réclamaient la justice imposent la soumission.

Et c’est vers nous, femmes noires, que se tourne leur autorité bancale.

Parce qu’ils n’ont pas le pouvoir de dominer ailleurs,

alors ils cherchent à régner ici. Sur nous. Les femmes noires.

Parce que le sexisme…

est une forme de domination que personne ne veut vraiment déranger.

Et les femmes noires, elles,

en subissent le double poids.

Elles portent encore les séquelles d’un système colonial et patriarcal.

Cible de l’homme blanc. Cible de l’homme noir.

Double peine. Double chaînes.

Mon Dieu n’est pas un bourreau

Je ne crois pas que ma Déesse — oui, vous pouvez dire Dieu si ça vous rassure —

je ne crois pas qu’Elle veuille ma soumission aveugle.

Si Elle la voulait, Elle ne m’aurait pas créée.

Parce que, mesdames, nous sommes l’origine.

L’origine de la création humaine.

Ce monde qu’on nous demande de servir est sorti de nos entrailles.

Les hommes naissent de nous.

Ils traversent notre chair, nos douleurs, nos eaux, notre souffle.

Nous les avons portés. Nous leur avons donné la vie.

Et on voudrait que nous nous soumettions à ce que nous avons nous-mêmes enfanté ?

Jamais!

Nous sommes les gardiennes de l’énergie.

Féminine. Créatrice. Nourricière. Souveraine.

C’est cette énergie-là qu’ils cherchent à dompter.

Et c’est de cette peur qu’est née l’exigence de soumission.

Parce que si nous refusons de nous soumettre, si nous ne sommes plus convaincues par leur discours,

alors ils verront la vérité en face : qu’ils ne sont que le fruit de notre chair.

Et ça, leur ego fragile ne peut pas le tolérer.

Ils ne peuvent pas supporter l’idée que

ce sont celles qu’ils veulent soumettre qui les ont créés.

Remettez tout en question.

Ne buvez pas tout ce que ce monde vous donne.

Même ce qu’on vous a dit avec une croix sur le cœur.

Même ce qu’on vous a imposé avec des larmes dans les yeux.

Même quand ça vient de votre mère, de votre tante, de la grand-mère qui a trop pleuré pour parler…

Ce monde-là, ce monde qu’on habite, a été conçu sans nous.

Et pourtant il nous réclame à genoux.

Alors si soumission il doit y avoir,

qu’elle soit choisie. Libre. Éclairée. Mutuelle.

Pas imposée comme un héritage de colonisé mal guéri.

Alida Sephora K.

L’audacieuse

À qui profite ta beauté?

Mes Réflexions

« Les jolies filles pensent que tout leur est dû. »

Je l’ai entendu mille fois. Vous aussi, sûrement. C’est une phrase qui traîne dans toutes les bouches, surtout quand une femme belle ose avoir des critères, ose dire non, ose poser ses exigences. Et pourtant, ceux qui la répètent ne semblent pas bien comprendre ce qu’ils disent.

Parce qu’il y a une chose que je ne comprends pas :

Si ces hommes pensent que les jolies femmes sont superficielles, faciles, vides, intéressées… pourquoi ne vont-ils pas draguer les autres ?

Pourquoi ne courent-ils pas après celles qu’ils estiment “mieux” : simples, discrètes, effacées, peu exigeantes, prêtes à donner sans recevoir ?

Elles existent pourtant. Elles sont là. Des femmes qui travaillent dur, qui se lèvent à l’aube pour vendre au marché, qui élèvent seules leurs enfants, qui supportent l’infidélité, les silences, les absences. Des femmes qui financent l’éducation de leurs enfants pendant que l’homme vit sous leur toit. Ces femmes existent, je les vois tous les jours même sans être une des leurs.

Mais ils ne vont pas vers elles.

pourquoi ne vont-ils pas draguer les femmes qu’ils estiment plus “simples” ?

Ils veulent la lumière. Même s’ils prétendent la mépriser.

Ils viennent vers toi. Vers moi. Parce que quelque part, ils savent.

Ils savent que ces femmes qu’ils critiquent ont une lumière. Une assurance. Une présence.

Ils savent qu’elles brillent d’une manière que leur misère ne peut contenir.

Alors ils tentent d’éteindre ce qu’ils ne peuvent dompter.

Ils viennent avec leurs reproches, leurs insultes déguisées : trop matérialiste, trop difficile, trop hautaine.

Mais ce n’est pas toi qui poses problème. C’est ce que ta présence leur renvoie :

qu’ils ne sont pas à la hauteur.

Le matérialisme, c’est une barrière de sécurité

Parce que quand tu leur dis :

« Voilà ce que je veux. Voilà ce que j’attends. Voilà mes standards »

Ils paniquent. Parce qu’ils veulent que tu sois belle et reconnaissante. Brillante mais silencieuse.
Désirable mais accessible. Haute mais pas mais pas face à eux.

Ils veulent vous faire croire que vouloir plus, c’est un défaut. Que demander de la stabilité, du respect ou de la sécurité, c’est être vénale. Mais ils ont tout intérêt à ce que vous baissiez vos standards. Moins vous exigez, plus vous tolérez. Et plus vous tolérez, plus ils profitent de vous.

Et pourtant, eux, ils n’ont aucun mal à formuler leurs attentes : ils veulent une femme avec un passé « propre », pas trop utilisée, pas stérile, performante au lit, docile, discrète, qui pardonne tout et surtout… qui ne demande rien.

Mais dès que vous osez exiger un minimum : qu’ils soient grands, ambitieux ou riches, ils paniquent. Ils crient à la matérialiste, à la fille intéressée.

Soyez intéressés mesdames !

Parce que dans ce monde, si tu n’as pas de critères, tu seras utilisée. Jetée. Remplacée.

Alors oui, sois matérialiste.

Oui, exige.

Oui, mets la barre haute.

Parce que les hommes eux-mêmes savent ce qu’ils veulent : des femmes belles, sûres d’elles, féminines, inaccessibles.

Donc toi aussi, tu as le droit de savoir ce que tu veux : un homme qui investit, qui respecte, qui construit.

Ton matérialisme n’est pas une insulte. C’est ta colonne vertébrale dans un monde qui veut te plier.

Ton matérialisme n’est pas une insulte. C’est ta colonne vertébrale dans un monde qui veut te plier.

La beauté n’est pas un piège. C’est une arme.

Quand une femme est belle, on la veut silencieuse. On la veut docile. On la veut stupide. On lui colle vite l’étiquette de “juste un joli visage”.

Mais curieusement, personne ne dit jamais d’un homme musclé ou séduisant que son corps est sa seule richesse. Et même quand on le dit, c’est plutôt pour souligner à quel point il va en profiter, à quel point il attirera les femmes. Sa beauté lui est un atout, un avantage. Elle lui profite pleinement.

Mais dans notre cas, à nous les femmes… à qui profite vraiment notre beauté ? À nous ? Ou à eux ?

Travaille ton apparence. Sois belle. Sois éclatante. Parce que dans un monde qui te juge sur ton corps avant même d’écouter ton nom, ton apparence est politique.

Et non, ce n’est pas pour eux.

Ce n’est pas toi qui te fais belle pour plaire.

Ce sont eux qui cherchent à posséder ce qu’ils ne peuvent égaler.

Ta beauté te sert à toi. Dans ton travail, dans ton réseau, dans ton estime. Elle t’ouvre des portes. Elle met ton visage dans la lumière.

Et même quand tu ne parles pas, elle dit quelque chose pour toi.

Assieds-toi sur leur culpabilité. Et lève-toi dans ta valeur.

Tu peux être belle, matérialiste, exigeante, féminine, forte et brillante à la fois. Rien n’est incompatible.

Quand une société veut que tu sois gentille, modeste, effacée et reconnaissante pour des miettes, ta plus grande insoumission, c’est d’oser exister pleinement.

Sois belle. Sois matérialiste. Sois exigeante. Sois entière.

Et n’oublie jamais

Ce n’est pas toi qui en demandes trop. C’est eux qui n’en offrent pas assez.

Alida Sephora K.

L’audacieuse

Chef ou enfant ? À qui profitent vraiment les règles ?

Mes Réflexions

« L’homme, c’est comme un bébé. Faut le nourrir, le dorloter, le calmer. »

On l’a toutes entendue.

Que ce soit dans la bouche d’une tante, d’une mère, d’une voisine bienveillante ou d’une vendeuse dans un gbaka.

Toujours dite avec une pointe de résignation, une dose d’humour, et ce fond de vérité sociale qu’on ne questionne jamais.

Parce qu’il ne s’agit pas seulement de s’occuper de son mari.

Il faut s’occuper de son fils ET de son mari, pas comme on s’occuperait de sa fille.

Éduquer les filles. Excuser les garçons

Les filles, elles, doivent apprendre tôt à devenir des femmes.À porter la maison, à porter l’autre.

À porter la maison, à porter l’autre.

À se tenir loin du désir, à réprimer toute envie, à s’éloigner de la satisfaction.

À se garder comme une offrande pour l’élu.

Pendant ce temps,

les garçons, ces faux élus peuvent rester des faux enfants toute leur vie.

Ils partent à la conquête de jeunes femmes,

les « souillent » comme on écorche des fruits trop mûrs,

sans honte, sans retour.

Puis, sans jamais se remettre en question, ils rentrent chez eux, où une femme les attend.

Toujours. Pour s’occuper d’eux. Encore.

On nous apprend à être patientes quand ils crient, à être tendres quand ils fuient, à être solides quand ils s’effondrent.

Paradoxalement, la religion nous demande de nous soumettre à ces géants-bébés.

À ces hommes qui réclament nos corps comme des bonbons, nos silences comme des offrandes, et nos âmes comme des preuves d’amour.

Mais soyons claires:

Ce ne sont pas des bébés. Ce sont des adultes.

Des hommes conscients, lucides, puissants, stratégiques.

Des hommes qui savent exactement ce que leur rapporte l’image de l’homme-enfant.

Ils savent qu’elle attendrit, qu’elle excuse, qu’elle justifie..

Ils savent ce que leur vaut d’être considérés comme inconscients, impulsifs, instables.

Ils savent manier cette image comme une arme, et ils savent à qui elle profite.

Et bien qu’ils ne soient pas les auteurs de ce mythe, ils en tirent chaque avantage.

Ce sont, en général, des femmes qui nous le disent.

Des femmes persuadées qu’elles comprennent les hommes mieux que les hommes eux-mêmes,

Elles disent :

“Ils sont maladroits, tourmentés, sensibles à leur façon…”

D’ailleurs, soyons honnêtes : je n’ai jamais entendu un homme dire à une femme qu’un homme était comme un enfant.

Non.

Lui, il dit plutôt qu’il est le chef.

Et juste après s’être fait servir comme un enfant,

il réclame la soumission,

Car à ses yeux, ce n’est pas un service qu’il reçoit par incapacité, ce n’est pas un geste d’amour désintéressé ou de maternage doux.

Non.

C’est un droit conjugal.

Un dû.

Il le reçoit parce qu’il est “l’homme”,

parce qu’il est à un deuxième chromosome X cassée.

La grande contradiction.

Il ne voit même pas qu’il ne saurait pas faire tout ça tout seul.

Mais il ne le voit pas…

Parce que le système ne l’a jamais obligé à voir.

Ce système le décrit comme :

un être logique, pragmatique, structuré…

Puis dans la même phrase, il affirme que “l’homme est un bébé.”

Et tout de suite après : “le chef à qui on doit obéissance.”

Ce n’est pas de l’absurde.

C’est une stratégie.

Ce n’est pas une erreur. C’est un plan.

Ce système n’est pas incohérent. Il est calculé.

Chaque contradiction est une ruse.

Chaque mythe est une corde autour du cou des femmes.

  • L’homme est un bébé, il faut en prendre soin
  • L’homme est fort, donc il faut lui obéir.
  • L’homme est impulsif, alors, il faut le comprendre.
  • L’homme est chef, donc il ne faut pas discuter.
  • L’homme est rationnel, mais mais il ne peut pas gérer sa libido…

Et moi, alors ? Je suis quoi ?

Le vent ?

Un décor ? Une brise utile à ses élans ?

Parce que pendant ce temps,

moi, je dois :

être pure,

  • être fidèle,
  • être soumise,
  • et capable d’encaisser même l’infidélité…de cet homme soi-disant rationnel.

Où est la logique ?

Si la femme est “émotive”, pourquoi devrait-elle être la plus disciplinée ?

Et si l’homme est “rationnel”, pourquoi ne peut-il pas résister et fermer sa braguette ?

Tout cela n’a rien de logique.

C’est un théâtre.

Une mise en scène millénaire où l’homme joue tous les rôles : le roi, le blessé, le bourreau, le nourrisson.

Et vous, femmes, êtes les accessoires du décor.

Un système qui prospère sur vous.

Ce système fonctionne parce que vous y participez malgré vous.

Parce qu’on vous a dit que c’était ça, être une femme :

  • supporter,
  • endurer,
  • plier,.
  • attendre que lui change.

Mais pendant que vous croyez aimer un enfant blessé,

vous servez en réalité un manipulateur averti. Un homme qui ne changera pas, parce qu’il profite trop bien de votre patience soigneusement construite,

celle qu’on vous a apprise à appeler « amour ».

Il a besoin de vous pour briller.

Il a besoin de votre énergie.

De votre naïveté.

De votre amour.

De cette lumière que vous portez, celle qu’il ne possède pas mais qu’il veut absorber, voler, modeler à sa convenance.

Alors il crée des croyances.

Il les inscrit dans vos bibles, dans vos contes, dans vos prières.

Il vous fait croire que vous serez bénies en vous soumettant.

Mais pendant ce temps,

il prospère sur vos efforts, vos silences, vos douleurs.

Chaque pierre de ce système a été placée pour servir les intérêts des hommes:

  • “Le corps est le temple de Dieu.”

Comme par magie c’est uniquement celui des femmes que Dieu contemple comme sacré.

  • “Une femme a de la valeur si elle est pure.”

Au yeux de qui? De l’école, de vos enfants ou votre ? Non.

  • “Le mariage est l’accomplissement ultime.”

Oui parce que sinon qu’est qui vous pousse à rester au près d’un enfant géant qui se proclame chef.

  • “Un infidèle qu’on doit tolérer.”

Le pragmatique qui s’est même pas contrôlé son propre corps.

Soyons raisonnable, bon sang !!!

Le patriarcat n’est pas une erreur. C’est une arnaque

Parce que pendant que vous croyez aimer un enfant blessé,

vous êtes en train de servir un manipulateur averti.

C’est une supercherie structurée.

Un théâtre où les femmes se battent pour une place qu’elles n’ont jamais choisie,

pendant que les hommes brillent sous les projecteurs d’une pièce qu’ils n’ont même pas écrite eux-mêmes.

Ils ont juste appris à en tirer les ficelles.

C’est juste un homme. Fait de chair, de sang, de faiblesses, de contradictions. Comme vous.

Il n’a rien de sacré. Rien de céleste. Il n’est pas au-dessus. Il n’est pas plus fort. Il n’est pas plus sage.

Il n’est pas un roi, il n’est pas un prophète, il n’est pas une exception.

Il est né d’une femme. Il sort de vos entrailles. Vous l’avez porté. Nourri. Éduqué. Aimé. Créé.

Et pourtant, regardez :

Il a tourné le monde à son avantage

Il a redéfini la vérité. Il a réécrit les règles. Il a tordu la morale jusqu’à en faire un piège pour vous.

Un piège où vous devez plier, servir, comprendre, excuser, pardonner…

Pendant que lui exige, prend, quitte, détruit, et revient.

Bon sang.

Ce système-là, ce pouvoir-là, il ne l’a pas pris par mérite.

Il l’a reçu.

Et souvent, de vos mains, parce qu’on vous a appris que c’était ça, être une femme.

Mon conseil est simple. Radical. Vital.

Si être une femme, c’est souffrir, supporter, encaisser, plier, attendre qu’un homme change, qu’un homme comprenne,

alors arrêtez.

Arrêtez d’être des femmes.

Pas au sens biologique, pas au sens social.

Mais cessez d’être ce que le système appelle “une femme”.

Cessez d’être ce pilier silencieux, ce tampon sacrificiel, ce refuge pour adultes immatures.

Devenez autre chose.

Quelque chose de libre. Quelque chose de fort. Quelque chose d’inattendu.

Mais ne soyez plus cette version de la femme qui se définit uniquement par rapport à l’homme.

Alida Sephora K.

L’audacieuse

Le mariage : une affaire rentable… uniquement avec de l’argent au bout

Mes Réflexions

« Une femme peut tout réussir, mais si elle n’est pas mariée, elle n’est pas respectée »

Je suis née dans une société où le mot mariage sonnait comme une destinée. Très jeune, on m’a parlé du devoir d’être une bonne femme, jolie, soumise, respectable. Puis, en grandissant, j’ai entendu parler des corps, de la forme, de la beauté féminine. Et ensuite, du matérialisme, cet interdit tacite pour les femmes.

Chez nous, en Côte d’Ivoire, on appelle djandjou une femme qui s’intéresse à l’argent. Ce mot est souvent utilisé avec mépris, comme si l’ambition financière était une honte pour une femme. Pourtant, j’ai vu des mariages fondés sur le “vrai amour”, sans soi-disant matérialisme. Et j’ai vu ces femmes s’éteindre à petit feu.

J’ai été un peu en couple aussi. Je n’ai pas le cardio pour le long terme dans la galère. Mais au départ, j’étais cette fille « bien » : douce, soumise, pas intéressée par l’argent, pleine de valeurs misérables. Je croyais encore à l’amour et au mythe du foyer heureux sans rien.

Puis j’ai vécu, observé, réfléchi. Et aujourd’hui, avec toute la franchise du monde :

Épouser un homme sans moyens, c’est épouser une souffrance perpétuelle  

Il sait que la vie est dure, que chacun mérite mieux. Il le sait, mais il n’y renonce pas. Il tient à son trône, même sans royaume. Incapable de faire de toi une reine, il exige pourtant les privilèges du roi.

« Même si ton mari n’a rien, au moins tu es mariée. »

Mais ce n’est pas un je t’aime sincère. C’est un je t’aime à l’africaine : donne moi tout car c’est moi l’homme. Ce n’est pas une preuve d’amour, c’est une stratégie.

Il ne te promet ni confort ni avenir. Juste un rôle à jouer dans sa vie bancale. Il veut être roi, même sans royaume. Et il attend que tu serves, dans la misère, au nom de l’amour

… tout ça, en échange d’un toit insalubre et un peu de sperme.

Il prendra ton argent. Ton corps. Ta dévotion. Ta santé même.

Le tout, emballé dans un concubinage de quartier, parfois régularisé bien des années plus tard. Comme si t’offrir son nom était un cadeau. Comme si ce nom, qui n’ouvre aucune porte, effaçait tout ce que tu as sacrifié. Sûr que tu vas devoir encore donner plus.

Tu deviens « Madame Untel ». Et tu t’en sens fière. Parce qu’enfin, tu es mariée. Mais à quel prix ?

Tu cuisines plus que tu ne manges des sauces fades, vides, pauvres en vitamines. Tu élèves des enfants frustrés, scolarisés dans des écoles de seconde zone, sans ressources, sans perspectives.
Des enfants qui, faute de mieux, risquent de devenir délinquants, frustrés chroniques, prostituées à peine majeures ou “roperots” invertébrés sans colonne ni conviction. Parce que, qu’on le veuille ou non, le capitalisme impose la conquête de l’argent. C’est un fait.


Tu devras travailler trois fois plus, te battre contre vents et misères pour leur offrir un niveau de vie à peine correct sans jamais vraiment y parvenir. Et au final, tu leur offriras juste le minimum, si ce n’est pas moins que ça.

Tu deviens une machine

Tu oublies le maquillage, la coquetterie, les petites folies qui font du bien. Ta féminité s’efface peu à peu. Bouteilles de gaz, enfants, maison, factures… tu portes tout. Ton corps s’épuise, ton mental s’épuise. Tu accouches, tu reprends aussitôt. Pas le temps de souffler. Il faut encore satisfaire la libido de monsieur, car même fauché, il trouve le moyen d’être infidèle et de se prendre pour un trophée.

Tu te précipite d’être dans cette case avant 30 ans parce qu’après la société de taxe de périmé.

« Une femme après 30 ans, elle est fatiguée. »

Ce discours ne profite qu’aux hommes sans valeur réelle. Ces distributeurs de mystère qui ont besoin de femmes naïves pour se sentir puissants. Ils veulent qu’on pense que changer de nom est un honneur, même dans une vie minable.

Car ils le savent : une femme de 30 ans ou plus, qui a pris le temps de se former, de vivre, de chuter, d’aimer, de réfléchir …

Elle n’est plus une proie facile. Elle ne croit plus aux promesses creuses. Elle a de l’estime pour elle-même. Elle comprend que l’amour ne suffit pas, que le mariage n’est pas un abri, que l’engagement ne vaut que s’il y a respect, vision et construction commune.

C’est pour cela qu’on pousse les jeunes femmes à se précipiter.

Avant qu’elles ne deviennent lucides. Avant qu’elles ne comprennent qu’elles méritent mieux. On les pousse à se marier à 23, à 25 ans, en Afrique surtout, pendant qu’elles cherchent encore qui elles sont. Et puis, une fois piégées, elles restent. Parce qu’elles ne connaissent que ça.

Mais les femmes ne périment pas. Elles s’aiguisent.

De nombreux hommes puissants, instruits, accomplis, choisissent de s’unir à des femmes de 35, 40 ou même 50 ans. Parce que la maturité n’a jamais été un défaut sauf, pour ceux qui vivent de l’ignorance des autres.

Alors non. Ce n’est pas une course contre l’âge. C’est une course contre l’éveil.

Et l’idée, c’est ça : maintenir les femmes dans la peur de vieillir. Pour qu’à 28 ans elles paniquent. Pour qu’à 30 ans elles se sentent en sursis. Pour qu’à 33, si un homme les choisit, elles pensent qu’il les a sauvées.

Car à 30 ans, il faut déjà que nous soyons rangées. Dociles. Effacées. 

Mais la vérité, c’est qu’après 30 ans, beaucoup de femmes se sauvent elles-mêmes et n’espèrent plus au prince charmant. 

Les riches ne fuient pas les femmes mûres : ils savent que la vraie valeur se révèle avec l’âge.

Un homme financièrement à l’aise, émotionnellement mature et intellectuellement éveillé, quand il veut construire un foyer, ne voit pas l’âge comme un obstacle. Il ne t’a pas “choisie” pour te remodeler à sa convenance.

Le capitalisme lui a déjà restitué sa virilité et son pouvoir de choix.

Quand un homme n’a pas besoin de t’exploiter pour exister, il devient un véritable partenaire, pas un tyran domestique.

C’est un roi, un vrai, qui fait de toi une reine si tu ne l’étais pas déjà. Et non un usurpateur qui fait de toi une servante pour se sentir “roi”.

Quoi qu’on en dise, beaucoup d’hommes associent encore leur valeur à leur puissance sociale. Et quand ils ont de l’argent, ils ne cherchent plus réduire leur femme.

C’est bien pour cela que je parle sans gêne de privilégier l’argent dans ses choix. Car oui, l’argent compte. Il structure. Il sécurise.

Comme j’aime le dire :

les critères en amour, ce sont comme les matériaux pour construire une maison.

Il faut du bois, des briques, du sable… Mais sans ciment, rien ne tient.

Et l’argent, c’est le ciment.

 Il ne remplace pas les autres matériaux ( loyauté, amour, respect, vision ) mais il les lie, les fixe, les rend durables.

En conclusion ne négligez aucun ingrédient, mais sachez reconnaître ce qui soutient l’ensemble.

Car, Le mariage n’est pas un rêve, c’est un contrat. Et comme tout contrat, il ne vaut que s’il est rentable pour les deux parties.

Alida Sephora K.

L’audacieuse