Je n’arrête pas de déambuler dans ma vie en me demandant comment j’ai pu.
Comment fait-on pour tomber aussi bas en étant moi ?
Les gens tombent, emportés par l’eau en eux, cette eau qui revendique leur émotivité dans une intense rêverie.
Dans l’idéalisme d’un lendemain meilleur, ils se laissent happer par la liste des cases sociales à cocher.
Intensifiés par l’imagination de leur vie, ils tombent.
Ils tombent par espoir, sous l’infusion de leurs larmes.
Et puis il y a moi, déshydratée, avide de larmes.
La petite fille que j’étais les a toutes déversées.
Aujourd’hui, la femme que je suis ne sait plus trouver le chemin de la liberté,
La liberté que nous offre le droit de pleurer.
Enracinée sur terre, dotée d’une impulsion guidée malgré tout par la diplomatie et le pragmatisme,
Je ne sais pas ressentir sans réfléchir.
Si ce n’est qu’aimer par observation quand mes ambitions sont comblées,
Et par obsession quand ma fierté est troublée.
Alors je pleure sous l’emprise de l’absence de mon cœur,
En regardant mon reflet dans le miroir,
Captivée par ma beauté,
Veillant à ne pas la perdre sous l’influence de la tristesse.
Alida Sephora K.
L’audacieuse
