Plongée dans l’abîme depuis son plus tendre âge,
elle a toujours dû se défendre.
Condamnée à survivre,
elle a construit des murs d’acier,
s’y enfermant sans relâche.
La vie l’a épuisée,
et l’amour,
qui aurait dû être une évidence,
s’est transformé en une douleur constante.
Depuis trop longtemps,
elle se sent accablée,
réduite à une existence où elle n’a d’autre choix que de se battre sans fin ou de fuir.
Toute son énergie est consacrée à sa défense,
au point qu’elle ne ressent même plus la douleur, car celle-ci ne l’a jamais quittée.
Elle a renoncé au rêve de la maternité,
convaincue que son cœur, vidé de toute tendresse, n’avait plus la capacité d’aimer.
Alors, elle a donné son cœur à l’espoir et confié son esprit à la foi.
Puis un jour, elle a décidé de ne plus souffrir. De choisir la paix.
Une paix qui, pourtant, l’a plongée dans une indifférence constante.
La solitude est devenue sa seule réponse à une enfance marquée par la torture.
Elle traîne son cœur essoufflé et troué dans ce monde,
ne s’abandonnant plus qu’à son cerveau, le seul organe encore valide.
Le dégoût de l’humanité et la douleur l’ont enfermée dans une solitude qu’elle espère salvatrice.
Elle rêve de partir, de disparaître sans jamais revenir.
De dire aux inconnus qu’elle vient de nulle part,
sans avoir à raconter son passé.
De fuir pour guérir. D’espérer l’oubli pour exister.
Elle veut s’éloigner, s’extraire de ce froid glacial qui l’engourdit sans la libérer totalement.
Elle a accepté d’être la méchante, celle qui finira seule, si cela peut lui permettre de ne plus souffrir.
Elle rêve de paix.
Elle rêve de partir très loin sans se retourner.
Mais elle ne souhaite surtout pas s’endormir pour toujours.
Elle sait que la vie lui doit beaucoup.
Elle sait qu’elle l’a trop pleurée.
Elle sait qu’elle mérite un peu de paix.
Alors, elle ira la chercher.
Elle ne sera plus la victime, quitte à devenir la coupable.
Alida Sephora K.
Ta douce audacieuse!
