Chef ou enfant ? À qui profitent vraiment les règles ?

Mes Réflexions

« L’homme, c’est comme un bébé. Faut le nourrir, le dorloter, le calmer. »

On l’a toutes entendue.

Que ce soit dans la bouche d’une tante, d’une mère, d’une voisine bienveillante ou d’une vendeuse dans un gbaka.

Toujours dite avec une pointe de résignation, une dose d’humour, et ce fond de vérité sociale qu’on ne questionne jamais.

Parce qu’il ne s’agit pas seulement de s’occuper de son mari.

Il faut s’occuper de son fils ET de son mari, pas comme on s’occuperait de sa fille.

Éduquer les filles. Excuser les garçons

Les filles, elles, doivent apprendre tôt à devenir des femmes.À porter la maison, à porter l’autre.

À porter la maison, à porter l’autre.

À se tenir loin du désir, à réprimer toute envie, à s’éloigner de la satisfaction.

À se garder comme une offrande pour l’élu.

Pendant ce temps,

les garçons, ces faux élus peuvent rester des faux enfants toute leur vie.

Ils partent à la conquête de jeunes femmes,

les « souillent » comme on écorche des fruits trop mûrs,

sans honte, sans retour.

Puis, sans jamais se remettre en question, ils rentrent chez eux, où une femme les attend.

Toujours. Pour s’occuper d’eux. Encore.

On nous apprend à être patientes quand ils crient, à être tendres quand ils fuient, à être solides quand ils s’effondrent.

Paradoxalement, la religion nous demande de nous soumettre à ces géants-bébés.

À ces hommes qui réclament nos corps comme des bonbons, nos silences comme des offrandes, et nos âmes comme des preuves d’amour.

Mais soyons claires:

Ce ne sont pas des bébés. Ce sont des adultes.

Des hommes conscients, lucides, puissants, stratégiques.

Des hommes qui savent exactement ce que leur rapporte l’image de l’homme-enfant.

Ils savent qu’elle attendrit, qu’elle excuse, qu’elle justifie..

Ils savent ce que leur vaut d’être considérés comme inconscients, impulsifs, instables.

Ils savent manier cette image comme une arme, et ils savent à qui elle profite.

Et bien qu’ils ne soient pas les auteurs de ce mythe, ils en tirent chaque avantage.

Ce sont, en général, des femmes qui nous le disent.

Des femmes persuadées qu’elles comprennent les hommes mieux que les hommes eux-mêmes,

Elles disent :

“Ils sont maladroits, tourmentés, sensibles à leur façon…”

D’ailleurs, soyons honnêtes : je n’ai jamais entendu un homme dire à une femme qu’un homme était comme un enfant.

Non.

Lui, il dit plutôt qu’il est le chef.

Et juste après s’être fait servir comme un enfant,

il réclame la soumission,

Car à ses yeux, ce n’est pas un service qu’il reçoit par incapacité, ce n’est pas un geste d’amour désintéressé ou de maternage doux.

Non.

C’est un droit conjugal.

Un dû.

Il le reçoit parce qu’il est “l’homme”,

parce qu’il est à un deuxième chromosome X cassée.

La grande contradiction.

Il ne voit même pas qu’il ne saurait pas faire tout ça tout seul.

Mais il ne le voit pas…

Parce que le système ne l’a jamais obligé à voir.

Ce système le décrit comme :

un être logique, pragmatique, structuré…

Puis dans la même phrase, il affirme que “l’homme est un bébé.”

Et tout de suite après : “le chef à qui on doit obéissance.”

Ce n’est pas de l’absurde.

C’est une stratégie.

Ce n’est pas une erreur. C’est un plan.

Ce système n’est pas incohérent. Il est calculé.

Chaque contradiction est une ruse.

Chaque mythe est une corde autour du cou des femmes.

  • L’homme est un bébé, il faut en prendre soin
  • L’homme est fort, donc il faut lui obéir.
  • L’homme est impulsif, alors, il faut le comprendre.
  • L’homme est chef, donc il ne faut pas discuter.
  • L’homme est rationnel, mais mais il ne peut pas gérer sa libido…

Et moi, alors ? Je suis quoi ?

Le vent ?

Un décor ? Une brise utile à ses élans ?

Parce que pendant ce temps,

moi, je dois :

être pure,

  • être fidèle,
  • être soumise,
  • et capable d’encaisser même l’infidélité…de cet homme soi-disant rationnel.

Où est la logique ?

Si la femme est “émotive”, pourquoi devrait-elle être la plus disciplinée ?

Et si l’homme est “rationnel”, pourquoi ne peut-il pas résister et fermer sa braguette ?

Tout cela n’a rien de logique.

C’est un théâtre.

Une mise en scène millénaire où l’homme joue tous les rôles : le roi, le blessé, le bourreau, le nourrisson.

Et vous, femmes, êtes les accessoires du décor.

Un système qui prospère sur vous.

Ce système fonctionne parce que vous y participez malgré vous.

Parce qu’on vous a dit que c’était ça, être une femme :

  • supporter,
  • endurer,
  • plier,.
  • attendre que lui change.

Mais pendant que vous croyez aimer un enfant blessé,

vous servez en réalité un manipulateur averti. Un homme qui ne changera pas, parce qu’il profite trop bien de votre patience soigneusement construite,

celle qu’on vous a apprise à appeler « amour ».

Il a besoin de vous pour briller.

Il a besoin de votre énergie.

De votre naïveté.

De votre amour.

De cette lumière que vous portez, celle qu’il ne possède pas mais qu’il veut absorber, voler, modeler à sa convenance.

Alors il crée des croyances.

Il les inscrit dans vos bibles, dans vos contes, dans vos prières.

Il vous fait croire que vous serez bénies en vous soumettant.

Mais pendant ce temps,

il prospère sur vos efforts, vos silences, vos douleurs.

Chaque pierre de ce système a été placée pour servir les intérêts des hommes:

  • “Le corps est le temple de Dieu.”

Comme par magie c’est uniquement celui des femmes que Dieu contemple comme sacré.

  • “Une femme a de la valeur si elle est pure.”

Au yeux de qui? De l’école, de vos enfants ou votre ? Non.

  • “Le mariage est l’accomplissement ultime.”

Oui parce que sinon qu’est qui vous pousse à rester au près d’un enfant géant qui se proclame chef.

  • “Un infidèle qu’on doit tolérer.”

Le pragmatique qui s’est même pas contrôlé son propre corps.

Soyons raisonnable, bon sang !!!

Le patriarcat n’est pas une erreur. C’est une arnaque

Parce que pendant que vous croyez aimer un enfant blessé,

vous êtes en train de servir un manipulateur averti.

C’est une supercherie structurée.

Un théâtre où les femmes se battent pour une place qu’elles n’ont jamais choisie,

pendant que les hommes brillent sous les projecteurs d’une pièce qu’ils n’ont même pas écrite eux-mêmes.

Ils ont juste appris à en tirer les ficelles.

C’est juste un homme. Fait de chair, de sang, de faiblesses, de contradictions. Comme vous.

Il n’a rien de sacré. Rien de céleste. Il n’est pas au-dessus. Il n’est pas plus fort. Il n’est pas plus sage.

Il n’est pas un roi, il n’est pas un prophète, il n’est pas une exception.

Il est né d’une femme. Il sort de vos entrailles. Vous l’avez porté. Nourri. Éduqué. Aimé. Créé.

Et pourtant, regardez :

Il a tourné le monde à son avantage

Il a redéfini la vérité. Il a réécrit les règles. Il a tordu la morale jusqu’à en faire un piège pour vous.

Un piège où vous devez plier, servir, comprendre, excuser, pardonner…

Pendant que lui exige, prend, quitte, détruit, et revient.

Bon sang.

Ce système-là, ce pouvoir-là, il ne l’a pas pris par mérite.

Il l’a reçu.

Et souvent, de vos mains, parce qu’on vous a appris que c’était ça, être une femme.

Mon conseil est simple. Radical. Vital.

Si être une femme, c’est souffrir, supporter, encaisser, plier, attendre qu’un homme change, qu’un homme comprenne,

alors arrêtez.

Arrêtez d’être des femmes.

Pas au sens biologique, pas au sens social.

Mais cessez d’être ce que le système appelle “une femme”.

Cessez d’être ce pilier silencieux, ce tampon sacrificiel, ce refuge pour adultes immatures.

Devenez autre chose.

Quelque chose de libre. Quelque chose de fort. Quelque chose d’inattendu.

Mais ne soyez plus cette version de la femme qui se définit uniquement par rapport à l’homme.

Alida Sephora K.

L’audacieuse

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