Un regard envoûtant

Mes Poèmes

C’était une lueur d’attention qui encombrait mon monde. Petite fille dans le corps d’une grande, je me retenais de sautiller dans les rues.

À défaut d’agiter mes jambes dans la ville, j’agitais mes rires dans ta vie. J’étais cette fille sombre qui s’illuminait face à ton regard.

Mon cœur s’agitait, mon âme s’alarmait.

J’étais face à un regard et un sourire. Un regard exalté qui m’adulait, des yeux qui m’absorbaient d’admiration.

Je savais qu’à chaque réveil, j’allais le chercher.

Je le savais, je le devais et j’en avais besoin, pourtant je ne l’ai pas cherché.

Je n’ai pas cherché cette clé qui avait éveillé mes sens et causé ma fièvre.

À ce regard, j’avais donné le pouvoir d’éteindre le mien.

Un pouvoir dont l’absence en moi me rendait si fragile.

Face à cette excitation, ma pudeur vacillait. Je balbutiais et perdais ma quiétude en restant figée.

Le digérer, c’était ma plus grande peur,

même si le digérer m’était impossible, car je n’avais rien avalé.

Alors que je l’observais à distance, reculant par crainte, je savais encore que j’aurais dû m’en rapprocher et laisser ma vie s’imprégner de ce regard.

Mais je restais à distance, sans l’oublier dans le silence, en espérant qu’il s’enfuirait.

Me remémorer ce regard étincelant aurait été mon seul réconfort s’il s’éloignait.

Je l’aurais pris comme un signe, comme quoi j’avais raison de ne pas l’avoir pourchassé, malgré l’ébranlement qu’il avait causé en moi.

Face à cette étincelle, je devenais cette fille qui voulait grandir sans jamais avoir été femme.

Et face à cette fille que mon cerveau ne supportait pas, il mettait tout en œuvre pour protéger mon cœur.

La fuite de mon étincelle m’aurait rappelé ce qui était impossible.

Finalement, mon étincelle n’aurait été qu’un souvenir : proche dans mon cœur, inutile dans ma tête, et loin dans le temps.

Alida Sephora K.

L’Audacieuse

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