À mes chers enfants

Mes Poèmes

Chaque pas que je fais me rapproche un peu plus de vous… ou m’éloigne beaucoup trop.

J’ai fait des choix, et je me quitte peu à peu, vers une autre vie.

Une vie dans laquelle, peut-être, je ne vous rencontrerai jamais.

Une vie un peu trop rigide, un peu trop ordonnée, où mes décisions vous excluent sans le vouloir.

Mais si j’y parviens…

Si je coche toutes les cases,

Si un jour nos chemins se croisent enfin,

Alors je serai la femme la plus heureuse du monde.

Et si je n’y arrive pas…

Si l’univers ne nous accorde pas cette rencontre,

Alors dans une autre vie peut-être.

Mais sachez ceci : mon amour pour vous est déjà né.

Un amour immense.

Celui d’une mère qui a connu la rue, la maltraitance, les larmes, le vide, la faim, l’humiliation, les regrets, les échecs, les peines et les silences.

Mais c’est de cet amour-là que je vous écris.

Un amour brut, fait de cicatrices, de résilience et de lumière.

Quand je pose la main sur mon ventre, même vide,

Je sens un lien invisible, une vibration douce et ancienne.

Je sais que vous n’y êtes pas encore,

Mais quelque part, l’univers vous a déjà tissés à moi.

Je suis, je le crois, née pour être votre mère.

Alors je fais un choix.

Chaque jour.

Le choix de renoncer à vous, un peu, pour mieux vous accueillir, demain.

Le choix de construire un monde où vous ne manquerez de rien.

Un monde digne de vous.

Je croise des hommes, mais aucun ne vous ressemble.

Je les efface un à un.

Votre maman est une solitaire, un temple.

Chaque fois qu’un homme m’adresse la parole,

Je me demande :

« Est-ce qu’il est bon pour vous ? »

« Sera-t-il un père tendre ou un père distant ? »

« Aimera-t-il fort ou à moitié ? »

Je choisis même son physique pour vous,

Parce que je veux que vous soyez beaux,

Et que vous n’ayez jamais à endurer le harcèlement que j’ai connu.

Votre maman est une perfectionniste,

Une femme faite de feu et de terre,

Qui veut tout bien faire.

Elle a appris de ses erreurs,

Et n’attend que vous pour aimer sans retenue.

Je suis de celles qui savent.

Celles qui lisent la tristesse dans les yeux,

Qui sentent les regrets, les douleurs, les peurs.

Mais je ne ressemble pas à celles qui connaissent la douceur.

Parce que je ne l’ai jamais vraiment connue.

Je suis rigide, forte, froide parfois.

Mais vous ne trouverez pas plus tendre, plus sincère,

Plus espérante, plus amoureuse, plus entière que moi.

Je serai là, du premier pas au dernier.

Je serai là pour vos rires comme pour vos chutes.

Je serai là, toujours.

Le jour où je vous tiendrai contre moi,

Je vous dirai : soyez vous-mêmes.

Je vous embrasserai avec tous vos défauts,

Car je ne rêve de rien d’autre… que de vous.

Vous viendrez comme vous êtes.

Trop éveillés, trop calmes, timides ou exubérants,

Qu’importe.

Je vous aimerai tout entier.

Tout ce que je demande à l’univers,

C’est que vous soyez en bonne santé.

Parce que ce monde est dur, cruel, rude.

Je prendrai toutes les balles à votre place.

Et si jamais vous ne venez pas…

Je vivrai avec, dans un coin de mon cœur,

Un amour immense, silencieux mais fier.

Car cela voudra dire que je n’ai pas trouvé l’homme,

Celui qui justifie votre venue,

Celui qui aurait pu vous donner une vie douce.

Je vous aurai alors épargnés.

Et j’en serai fière.

Alors non, vous ne viendrez pas cette année.

Peut-être pas l’année prochaine.

Ni même celle d’après.

Mais un jour… un jour, je vous verrai.

Je trouverai celui qui vous mérite.

Celui qui mérite aussi votre maman.

Et ce jour-là, nous aurons tout.

Je vous le promets.

Et peu importe ce que la vie décidera,

Qu’on se voie ou non,

Ce sera un choix d’amour.

Un choix immense,

Celui de renoncer à mon bonheur pour vous éviter la douleur.

Je vous offrirai un toit,

Une famille, des jouets, un père.

Je vous le promets.

Amoureusement, patiemment, intensément,

Votre maman…

Qui vous aime, sans vous connaître.

Alida Sephora K.

L’audacieuse

Laisser un commentaire